Salut à tous ! Je m’appelle Valentin, je suis membre du groupe Entropie et grâce à mes potes de la Nordisque je vais pouvoir vous partager mon top 50 des albums de la décennie. 2010 c’est l’année de mon premier mp3 et de mon premier cours de guitare. Je ne réalisais alors pas la chance que j’avais, j’ouvrais pourtant le chapitre le plus important de ma vie. Comme tout le monde j’écoute un album pour voyager et ressentir toutes les émotions que les artistes veulent me transmettre. Mais en tant que musicien, écouter un album c’est comme lire un livre, j’en apprends beaucoup de choses. Ce sont ces deux éléments que je souhaitais vous partager. J’ai vécu quelque chose d’important avec chacun de ces albums et ce classement a donc vraiment tout de personnel. Je tiens aussi à préciser qu’il s’agit d’un classement d’albums (d’où l’absence d’artistes comme Kendrick Lamar ou Lana Del Rey) et c’est bien en tant qu’albums que je les ai tant adorés. Après 10 ans d’amour pour la musique je ne pouvais pas finir sur un top 10, voici donc mon top 50 :

50 – Deafheaven – Sunbather (2013)
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49 – Slowdive – Slowdive (2017)
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48 – Jacob Collier – In My Room (2016)

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47 – Charlotte Gainsbourg – Rest (2017)
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46 – Gnarwolves – Gnarwolves (2014)
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45 – Dr Chan – Southside Suicide (2017)
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44 – Damon Albarn – Everyday Robots (2014)

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43 – Rendez-Vous – Rendez-Vous (2014)
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42 – The Lemon Twigs – Do Hollywood (2016)
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41 – Post Malone – Beerbongs & Bentleys (2018)

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40 – Denzel Curry – Ta13oo (2018)
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39 – Columbine – Enfants Terribles (2017)
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38 – Travis Bretzer – Waxing Romantic (2015)
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37 – Kacem Wapalek – Je Vous Salis Ma Rue (2015)
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36 – Ty Segall – Emotional Mugger (2016)
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35 – Molly Burch – Please Be Mine (2017)
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34 – The Arctic Monkeys – Suck It And See (2011)
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33 – Tyler The Creator – Cherry Bomb (2015)

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32 – SCH – JVLIVS (2018)

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31 – Wavves – King Of The Beach (2010)

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30 – Freeze Corleone – Projet Blue Beam (2018)

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29 – Fuzz – II (2015)Picture 22

 

 

28 – Ty Segall – Melted (2010)Picture 23

 

27 – Connan Mockassin – Forever Dolphin Love (2011)Picture 24

 

 

26 – Fidlar – Too (2015)
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25 – Travis Scott – Astroworld (2018)
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24 – Alpha Wann – Une Main Lave L’Autre (2018)Picture 27

 

23 – The Arctic Monkeys – AM (2013)
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22 – Homeshake – Midnight Snack (2015)
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21 – Beach Fossils – Somersault (2017)Picture 30

 

 

20 – Hans Zimmer – Interstellar (Original Motion Picture Soundtrack) (2014)
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19 – Kanye West – Life Of Pablo (2016)
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18 – Ben Howard – Every Kingdom (2011)
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17 – Bon Iver – 22, A million (2016)

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16 – Sam Fender – Hypersonic Missiles (2019)
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15 – Beach Fossils – Clash The Truth (2013)

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14 – PNL – Dans La Légende (2016)

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13 – Idles – Joy As An Act Of Resistance (2018)

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12 – The Last Shadow Puppets – Everything You’ve Come To Expect (2016)

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11 – Tyler The Creator – Wolf (2013)
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10 – Daft Punk – Random Access Memories (2013) :

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Je n’ai jamais rien entendu d’aussi doux pour les oreilles que Random Access Memories. On peut tous applaudir bien fort Chab et toute l’équipe son pour ce miel auditif. Mais on peut surtout admirer le génie des Daft Punk. RAM marque leur grand retour après 8 ans d’absence (excepté la petite bande son du film Tron) et surtout leur prise d’assaut du monde de l’électro acoustique. Pour cela ils se sont trouvé une brochette de légendes allant de Niles Rodgers à Julian Casablancas en passant par Giorgio Moroder. Avec tout ça on aurait pu penser retrouver une série de singles de qualité et un super album. Mais ce qui fait de RAM un album mythique, c’est justement sa progression, son équilibre parfait, ses changements de rythmes et de genres (écoutez Instant Crush puis Touch puis Motherboard)  dans lesquels on retrouve pourtant une cohérence magique. QUE DU LOVE.

 

9 – Sia – 1000 Forms of Fear (2014) :

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Il aura fallu quelques aventures en groupe dans les années 90, 5 albums solos et une flopée de featurings aux succès planétaires (coucou David Guetta) pour que le monde profite enfin de la voix … Magique ? Stratosphérique ? Incommensurablement géniale ? de Sia. Ce qu’il y a de beau là-dedans, attention je vais faire mon puriste, c’est que ce chemin, elle l’a construit seule (ou presque …), en tant qu’auteure-compositrice-interprète. Et c’est cette épopée qui nous amène à l’heure de gloire de Sia : 1000 Forms Of Fear. Cette fois ci, Sia s’entoure d’une équipe et ensemble ils frappent fort. C’est une sorte d’album parfait : on démarre sur le monstrueux Chandelier et s’ensuivent alors des variations de rythmes (Burn The Pages) et de mélodies si pertinentes (Hostage) et épiques (Cellophane) qu’on ne peut qu’enchaîner les morceaux. D’ailleurs en vous proposant ces exemples, je me rends compte à quel point chaque morceau fonctionnerait tellement cette intensité est constante dans l’album. Je tiens finalement à mentionner la beauté de l’univers que Sia partage avec nous. Tout le monde connaît sa coupe de cheveux, personne ou presque ne connaît son visage et elle construit autour de ce mythe des images très poétiques. C’est ainsi qu’elle utilise des mises en scène semblables au clip aujourd’hui culte de Chandelier pour créer des lives incroyables. Bref Sia est une artiste à part entière avec un don surhumain, le genre de truc qui me ferait sentir thankful si je fêtais thanksgiving.
8 – Gorillaz – Plastic Beach (2010) :

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Plastic Beach est selon moi le grand absent des classements des meilleurs albums de la décennie (absent du top 200 de Pitchfork). On est peut-être pas obligé de mettre la discographie complète de Kanye West à chaque fois ? Ceux qui me connaissent doivent s’étonner que je critique Kanye mais c’est pour la bonne cause. Alors certes on y retrouve pas de grand single planétaire comme Feel Good Inc. ou Clint Eastwood (Stylo c’était pas suffisant ?) mais c’est sans doute l’album le plus abouti du groupe concept. Il contient 16 morceaux d’une richesse énorme que ce soit de part l’étendue des genres abordés, la variété de featurings de qualité ou évidemment l’excellente musicalité de Damon Albarn qui semble loin (encore en 2019) d’avoir atteint sa date de péremption. Un petit exemple comme ça : on démarre sur une intro orchestral qui s’enchaine sur un feat avec Snoop Dogg et le tout sans aucun soucis … Plus précisément on y retrouve aussi bien de la synth pop (Empire Ant, l’un de mes morceaux préférés au monde) que du rap mixé à de la musique arabe (White Flag feat. Bashy, Kano et The National Orchestra For Arabic Music) ou encore un feat avec le légendaire Lou Reed. Au niveau des graphismes (le concept de Gorillaz étant 50% musical, 50% graphique), on passe de la 2D à la 3D et l’histoire aboutit sur un concept bien ancré dans son époque : le groupe virtuel se retrouve échoué sur une plage constituée de déchets en plastique et en profite pour composer un super album. Il faut donc profiter de la traversée pendant l’écoute, c’est pourquoi je vous conseille fortement d’aller mater les clips en même temps.
7 – Kamasi Washington – The Epic (2015) :

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Kamasi Washington est l’un des plus grands joueurs de saxophone de la décennie. Il a grandi aux côtés de Thundercat et d’un tas de musiciens tous aussi talentueux les uns que les autres, il a joué pour les plus grands rappeurs de l’histoire (Kendrick Lamar, Snoop Dogg …) et ne porte que des tenues de shaman. En 2011, après s’être enfermé dans un studio avec ses meilleurs potes pendant 1 mois à jouer plus de 10 heures par jours, Kamasi et sa bande ont composé pas moins de 9 albums (3 Teras de musique). L’un d’eux, The Epic, est à lui seul un triple CD de 17 morceaux et qui, bout à bout, dure 2h et 54 minutes. Ce monstre paru ensuite en 2015 mélange le jazz à la soul (The Rythm Changes), à la funk (Re Run Home) et même à la musique classique (Clair de Lune, oui … c’est … magique). Maintenant que vous savez tout ça, jetez un oeil à la cover de cet album, vous l’aurez compris, on aura du mal à trouver un projet qui porte mieux son nom.

 

6 – XXXTentacion – 17 (2017) :

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On le sait tous aujourd’hui, Jahseh Onfroy est une sorte de monstrueux produit de notre société, coupable de nombreux crimes et notamment de multiples violences conjugales. Toutes ces horreurs sont le résultat d’un passé et d’un esprit totalement chaotiques et cela, XXXTentacion l’a toujours montré avec une réelle transparence dans sa musique. 17 est notamment l’album dans lequel il exprime ses traumatismes et sa douleur. Doit-on y chercher une raison de l’excuser ou bien simplement séparer l’artiste de l’oeuvre ? Surtout pas et quand on parle d’un album aussi personnel, c’est simplement impossible. Mais on peut s’interroger sur cette vie, sur les actes commis ou subis et leurs conséquences et puis on peut également se retrouver dans certaines émotions. 17 est effectivement un recueil presque thérapeutique, une parenthèse dans la violence de son auteur, un brin d’espoir pour moi qui espérais voir ce sombre personnage grandir, apprendre et reconstruire autour de lui, là où il a détruit. Malheureusement depuis le 18 juin 2018, on sait tous que cela n’arrivera jamais. Voilà le difficile voyage qui me fait tant aimer cet album. Au-delà de sa musicalité, il est dur, dangereux et pourtant plein d’espoir.

 

5 – Frank Ocean – Blonde (2016) :

Picture 46Pour certains cet album va changer le Rythm & Blues à jamais, d’autres n’ont pas encore compris. Pour moi Blonde c’est juste de la pure beauté. J’avais rarement profité de quelque chose d’aussi beau et d’aussi original à la fois. Quand on l’écoute on se rend compte que rien ne va (Mais qu’est-ce que c’est que cette ligne de chant dans Futura Free ?!) mais qu’en fait tout va pour le mieux (Mais qu’est ce que c’est que ce profond sentiment de soulagement quand j’écoute Futura Free ?!). On sent tout au long de l’album que Frank maîtrise son concept à la perfection : un enchaînement de mélodies magnifiques et de samples génialement randoms, le tout littéralement dans le plus grand des calmes (il n’y a qu’à voir comment il te place un extrait de la ligne chant de Here, There and Everywhere des Beatles au milieu d’une multitude d’autres parts de chants magnifiques). Une question me vient parfois quand j’écoute Blonde : comment peut-on abandonner si vite un air si génial ? Voyez-vous, une musique c’est généralement 2, 3 voire 4 airs que l’on place dans un ordre classique de couplet, pré-refrain, refrain et un bridge quelque part. Mais là on s’y perd, c’est du prog R’n’B, et finalement, c’est super, parce que de ce fait on en a toujours plus ! Si vous voulez voir ce dont je parle, écoutez un peu Nights ou Self Control. Mais surtout, n’oubliez pas le reste.

 

4 – Vald – Xeu (2018) :

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Je ne pouvais pas ne pas mettre d’albums de rap français dans ce top 10 et s’il y’a bien un projet qui m’a plus qu’impressionné depuis ma courte carrière de fan de rap Fr (j’en écoute sérieusement depuis 3 ans) c’est bien Xeu. Puisque c’est du français, le super avantage c’est qu’on peut s’intéresser en profondeur aux textes, aussi bien aux utilisations des sonorités de notre langue qu’aux références aussi subtiles soient-elles. Donc pour un débutant comme moi c’est l’occasion de jouir d’un projet en plusieurs étapes. La première est la découverte des flows, des instrumentales, des premiers bouts de textes que je capte … La seconde c’est celle où je commence à connaître certains extraits par coeur. Enfin, la troisième c’est celle où je mets sur pause. C’est là que j’arrête tout et que je me dis « attend mais là c’était du génie nan ? », je galère à remettre en arrière, je relance et oui, c’était bien du génie : des flows qui font mal à la tête (Rituel), une évolution super satisfaisante des moods tout au long du projet (Seum / Réflexions Basses / Rocking Chair), une vision du monde lucide (Résidus) et des instrumentales de rêve (merci à Seezy, l’un des meilleurs beatmakers français) … C’est tout ça qui fait de Xeu un monument en marbre armé. Pour le reste, je vous laisse mater les analyses du règlement sur youtube.
3 – DIIV – Is The Is Are (2016) :

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Comme je vous le disais au début de l’article, quand j’écoute un album j’essaye d’en apprendre le plus possible sur ce que c’est qu’être un musicien. Is The Is Are fait partie des albums les plus importants dans mon apprentissage. Zachary Cole Smith, le leader de DIIV est un modèle artistique pour moi car il a un sens du détail que j’admire particulièrement. Premièrement, pour créer l’album de ses rêves il a d’abord composé à peu près 300 titres pour n’en choisir que 17 dont un de 17 secondes. L’album est une suite de sonorités psychédéliques et de rythmes entraînants, un shoegaze moderne et plus rêveur que déprimant, un vrai régal pour le lycéen que j’étais et qui, en 2016, venait de découvrir la scène « underground » et tout ce qu’elle avait à m’offrir. Is The Is Are est notamment pour moi une super source d’inspiration pour tout ce qui touche aux mélodies et aux sons de basses. Smith a également sollicité le poète parisien Frederick Deming afin de s’inspirer de son utilisation originale de la langue anglaise (d’où ce titre bizarrement pertinent « Is The Is Are »). Enfin, pour illustrer cela il a fait appel à 2 peintres, Joji Nakamura et Hayato « Hyto » Kiyuna. Le double vinyle et son livret de paroles, d’illustrations et de poèmes sont alors une belle démonstration de ce qu’est un projet bien abouti, de la première note au dernier coup de pinceau.
2 – Julian Casablancas + The Voidz – Tyranny (2014) :

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Pour ceux qui ne connaissent pas Julian Casablancas, c’est juste le leader des Strokes, considéré comme responsable de la renaissance du rock au début des années 2000. C’est aussi mon chanteur préféré et c’est lui qui joue dans cette pub : https://youtu.be/EmZxfYkF-Cw.

« Ah rien que ça » : pour lui cette phrase n’a rien d’ironique car après avoir sauvé le rock il a décidé de tout plaquer, d’oublier absolument tout ce qu’il avait appris et de recommencer. Il a donc créé The Voidz, une bande de musiciens rencontrés sur le net, tous aussi déjantés et créatifs que lui, et en 2014 ils ont sorti Tyranny. J’imagine que pour les buveurs de café, Tyranny c’est comme le café : au début c’est dégeu et ensuite on peut plus s’en passer. En un peu moins d’une heure, cet album casse sur son passage autant de barrières et de codes que possibles. On y retrouve des structures hyper complexes (Human Sadness dure 10min 57sec), des effets « incroyaux » (de l’autotune et de la distorsion pour un chanteur de rock ? Oui svp), des dissonances beaucoup trop intelligentes (Father Electricity), des références plus ou moins subtiles aux problèmes du monde qui nous entoure (l’album s’appelle Tyranny … c’est assez clair), des mélanges de genres et des sonorités venues des quatre coins du monde (le couplet de Dare I Care est en Anglais maquillé pour sonner comme de l’Arabe) … Mais évidemment pour digérer tout ça il en faut dans le ventre. Donc que vous aimiez ou non le café, pour Tyranny, accrochez-vous, no pain no gain.

 

1 – Mac Demarco – Salad Days (2014) :

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Mac Demarco est l’artiste de cette décennie qui m’a le plus influencé et j’aurais pu citer 3 ou 4 de ses albums dans ce classement. J’ai donc préféré ne citer que le plus représentatif de tous et vous conseiller d’aller découvrir le reste par vous-même. C’est simple, Mac m’a permis d’apprendre un condensé de dizaines d’années de culture musicale tout en m’ouvrant la porte d’un univers bien pratique pour un ado souhaitant faire de la musique : le DIY. Grâce à lui j’ai découvert que n’importe qui pouvait enregistrer de la musique avec à peu près n’importe quoi, la sortir à peu près n’importe où et faire plaisir autour de lui, et ça c’était une révélation existentielle, je ne sais pas comment l’exprimer autrement. À part ça la liste est vraiment longue … Il m’a en effet également fait découvrir les pédales d’effet de guitare (Blue Boy), comment utiliser des synthétiseurs dans sa musique (Passing Out Pieces, un autre de mes morceaux préférés au monde), toute sa bande d’amis musiciens géniaux (Homeshake, Walter TV, Tonstartssbandht …), indirectement les groupes parisiens géniaux eux aussi (Bad Pelicans, Dr Chan, En Attendant Ana …), le look Mac Demarco, la pop à la Mac Demarco, la musique japonaise (Haruomi Hosono), l’attitude détente à avoir sur scène … Pwah. Je ne pourrai jamais assez remercier ce mec et j’espère que tout ira bien pour lui. Sur ce, bonne écoute à vous.

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