Souvent confondus avec les désormais plus célèbres Black Keys, les Black Lips donnaient donc un concert à Roubaix le 09 Décembre dernier au Grand Mix, une salle d’une capacité assez restreinte (à vue d’oeil inférieure à celle du Splendid).

Étonnant, on aurait en effet pu penser que le succès de leur dernier album Arabia Mountain aurait suffi à remplir l’Aéronef… On pourra ensuite émettre l’hypothèse selon laquelle il s’agirait d’un choix du groupe, qui semble apprécier le contact du public et l’ambiance surchauffée d’une petite salle…

Rappelons quelques informations basiques, inutiles pour tout lecteur attentif et fidèle puisque j’ai déjà écrit dessus en Décembre 2010 (n’est ce pas…), mais nécessaires pour les autres. Comme leurs homologues « black » cités plus haut, les Black Lips ont sorti en 2011 un album qui trouve auprès de la critique comme du public un succès indéniable. Mais contrairement aux Keys, les Lips ne polluent pas la pureté de leur style musical de tentatives électronique aussi maladroites qu’incohérentes (je suis un peu remonté contre leur dernier album que tout le monde encense, El Camino). Ces derniers ont en effet opté pour un rock sans concession, psyché et sixties qu’ils qualifient habilement de flower punk, oscillant mêlant une instrumentation très Byrds à une agressivité très punk justement. Le résultat est d’une excellente qualité, et pourrait avoir été composé il y a 50 ans. Au niveau des références, on peut voir que ces quatre voyous ont été instruits à la bonne école : ces derniers citent Love, Thirteen Floor Elevators, Brian Jones et Jacques Dutronc (et oui…). Voilà donc pour les rappels.

J’ai donc consenti l’effort de me déplacer au Grand Mix de Roubaix (effort atténué il est vrai par le siège moelleux du bolide d’Erwan Arzel : 2A CVE) pour assister à la prestation de ce groupe que j’apprécie beaucoup à qui l’on prête des performances scéniques hors du commun et houleuses, paraît-il…

Une première partie courageuse, énergique mais littéralement à chier, Crusaders Of Love (voyez vous ca…), autant dire qu’on a hâte que le concert commence. Des types montent alors sur scène pour faire les réglages du groupe. On s’apercoit après quelques échanges verbaux avec le public qu’il ne s’agit nullement de sbires techniciens du groupes ou de larbins de la salle de concert, mais bien des artistes eux mêmes qui demandent confirmation au public que « it sounds good ». de la part d’un groupe américain qui achève une tournée dans toute l’Europe, il faut reconnaître que c’est plutôt sympathique et d’une simplicité désarmante. Le concert commence après une attente tout de même conséquente, et les quatre musiciens sont littéralement déchainés, sans émettre la moindre fausse note pour autant, jouant les chansons de leur dernier disque Arabia Mountain et reprenant également quelques uns de leurs classiques comme Dirty Hands et Hippie Hippie Hourrah (Cover de Monseigneur Jacques Dutronc), pour le plus grand bonheur du public. Autre détail d’importance : les quatres types chantent, parfois en même temps à deux ou trois voix différentes, et plutôt bien qui plus est. Tout à coup, deux jeunes donzelles font irruption sur scène et commencent à danser sur scène. Les vigiles réagissent immédiatement, mais le guitariste harangue et incite alors la foule a monter sur scène, et on assiste alors à une scène surréaliste au cours de laquelle deux ou trois vigiles ventripotants courent après une vingtaine de groupies effarouchées qui n’hésitent pas à assouvir leurs fantasmes (ca reste bienséant je vous rassure) avec les musiciens qui, amusés et apparemment habitués à ce genre d’exercice, continuent de jouer avec la même maitrise. A la fin du morceau, tout le monde sut sagement redescendre dans la fosse (pour remonter deux morceaux plus tard). Un concert d’une qualité musicale égale voire supérieure à ce que l’on était en droit d’attendre, mais agrémentée d’une relation complice et amusante entre le groupe et son public. Après coup, j’ai appris, à peine étonné, qu’il leur arrivait également de finir leurs concerts dans leur plus simple appareil sur scène…

Seule mauvaise surprise, de taille il est vrai, le groupe quitte la scène après 45 minutes de concerts (et un rappel !). Même s’il est vrai que les quatres diables montrent sur scène une énergie débordante (que l’on put alors mesurer sur la chemise du batteur qui changea littéralement de couleur d’un bleu très clair à un bleu nuit intense), et qu’il s’agissait du dernier concert d’une tournée sans doute harassante, mais on attendait plus d’un groupe dont la renommée grandit à chacune de ses sorties. Nous partîmes donc avec un sentiment amer d’inachevé et un peu déçus de cette soirée qui le l’on ne put finalement pas qualifier autrement que d’amuse bouche.

Lucas M.

Catégories : Non classé

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.