Alors que l’insouciance guidait les soirées et autres raves il y a quelques années, il semble aujourd’hui que la fête n’est plus le centre de la fête. (ci-dessus :deux intellectuels )

Largement corolaire des soirées, la musique est difficilement dissociable de la « teuf », et cette vérité est presque absolue tant dans l’espace que dans le temps. Que ce soit en Chine ou en Europe, aujourd’hui ou au XVIIe Siècle et même à Valenciennes, une soirée sans musique est à la soirée ce que les crocs sont à la chaussure, une injure.

C’est l’intellectualisation de la musique et donc de la façon de l’écouter qui a déteint sur ce nouveau genre de teuf. Bien évidemment tout est à relativiser, toutes les soirées ne sont pas concernées et tous les genres musicaux non plus. Bien que la musique soit toujours en lien avec la fête elle n’en est pas toujours la clé de voute.

Selon le type de personne et de soirée elle a un rôle plus ou moins important, on ne peut pas dire que l’intellectualisation de la musique influence la façon de faire la fête un jeudi soir au Smile/Snook ou un vendredi soir au Globo.

Mais ce mouvement est perceptible notamment dans le milieu de la musique électronique et de la rave moderne. Aujourd’hui il semblerait que l’ivresse et les copains soient des conditions nécessaires, certes, mais plus suffisantes. Il faut un son de qualité délivré par un Sound system de qualité. Maintenant certain vont à une fête comme on va à l’opéra, voir Jeff Mills au Weather comme certain vont aller voir Roberto Alagna, on attend une réel prestation de l’artiste. Les festivals ne sont plus que boue et bière, ils sont avant tout musicaux. On veut toujours plus de sons recherchés et pointus, une quête de qualité qui fait parfois perdre l’essence même de la fête.

Un exemple frappant est le concept des soirées silencieuses, ou chaque convive dispose d’un casque pour écouter de la musique. Ces soirées (sûrement brevetées par les mêmes individus qui font des mojitos avec du sirop à la menthe) dissocient complétement la fête et la communication de la musique. Soit on écoute de la musique soit on parle à son voisin. Certes il faut avouer que certains lieux s’y prête tel que les musées, mais parfois à plus grande échelle c’est tout une dimension de la soirée qui serait sacrifiée, celle de l’échange et de la rigolade.

La techno venue directement de l’underground détroitien a gagné ses lettres de noblesse et s’invite dans des lieux jusqu’alors réservés à d’autres styles. C’est le cas de la rencontre entre Jeff Mills et la musique classique. C’est maintenant hors des caves et des clubs sombres qu’on admire la performance de tels artistes.

La musique électronique est donc devenue un art à part entière, on recherche la pépite musicale comme on déniche un nouveau peintre. De plus l’hyper-connexion des soirées agit comme catalyseur d’un tel mouvement. En soirée on prend son iPhone, on film le set tel un spectacle,on Shazam les sons, on cherche le track I-D, en fait on se cultive. Comme on lit un bon livre, on découvre un bon son. Des concepts de soirées sont nés où chacun peut ramener un vinyle, faire découvrir son univers musical aux autres « clubbers » comme une réunion Tupperware de la jeunesse underground.

Une sorte d’élitisme s’est créé autour de ce style musical qui à l’origine était une musique de fête, sans aucun message autre que l’espérance d’une nuit éternelle (#neverendingnight pour les LV2 twitter).

Néanmoins comme rien n’est jamais tout blanc, ni tout noir il y a toujours des avantages à en tirer :

http://www.telerama.fr/musique/tva-a-5-5-les-deputes-ont-tranche-les-clubs-et-soirees-electro-sont-bien-des-acteurs-culturels,135504.php

A quand le Pass 5 jours de Dour déductible des impôts ?

François

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