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En 1933 Hitler accède au pouvoir en Allemagne, les rouages de la seconde guerre mondiale se mettent doucement en marche, le 20eme siècle est sur le point de connaitre ses années les plus sombres. Cette période, dont la violence est si extrême qu’elle fascine, est surement celle dont vous avez retenu le plus de choses de vos cours d’histoire. Toutefois un pan entier de la résistance est souvent omis : la résistance par l’art et notamment la musique. J’aimerais donc vous faire découvrir les swing kids.

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Les swing kids ou Swingjugend était le nom porté par des groupes de jeunes Allemands âgés de 13 à 18 ans, passionnés de Jazz et de Swing. Ils se retrouvaient régulièrement dans des clubs et bars de Hambourg, Berlin ou Francfort pour danser jusqu’au petit matin. Ils étaient reconnaissables par leur look particulièrement nonchalant à l’époque, cheveux long, parapluies et langage anglicisé. Si le mouvement étaient initialement purement épicurien et apolitique, il devint un véritable acte de résistance lorsque le jazz fut déclaré illégal en Allemagne à la fin des années 30. En effet, en allant danser ces jeunes refusaient, d’une part, l’endoctrinement des jeunesses hitlériennes et l’aliénation omniprésente mais ils manifestaient, en plus, un soutien aux pays ennemis (les Etats Unis et la  Grande Bretagne) d’où ce genre musical était originaire. Mais cela ne s’arrêtait pas là. Le jazz était, à l’époque, joué en majorité par des noirs ou des musiciens juifs, l’idéologie nazi de la race supérieure était donc ignorée et défiée : ils étaient bel et bien des résistants.

Dès 1941, ils ont été surveillés par la Gestapo, les soirées jusqu’ici tolérées dans des clubs comme le café Heinz à Hambourg sont devenues clandestines et ont migré dans les caves. Les risques ont par la même pris de l’ampleur. En 1942, sur demande de Himmler, la répression de ce mouvement est devenue violente. Peu à peu les interrogatoires, la torture et la déportation ont remplacé les actes de discrimination et d’isolation jusqu’ici pratiqués. Certains jeunes apeurés se sont suicidés, d’autres ont continué la lutte parfois même jusqu’au sein des camps de concentration en chantant pour leurs codétenus. Face à cela, les Swing Kids de Hambourg ont commencé une propagande anti nazi, ceux de Berlin et Francfort s’en sont tenus à une résistance passive.

L’image est ici très belle. Des jeunes qui, portés par leur passion, ont lutté contre l’oppression et l’obscurantisme nazi à travers le jazz, véritable allégorie musicale de la liberté : Liberté des musiciens du fait de la place accordée à l’improvisation, liberté du corps qui ne peut résister à ce rythme si particulier et liberté des paroles qui vantaient une frivolité amoureuse en avance sur son temps.

Les swing kids ont donc développé au cours de ces années une véritable contre culture qui prônait l’ensemble des valeurs que le régime nazi a tenté vainement de réprimer : liberté, indépendance, non conformisme, internationalisme et amour. L’histoire leur donnera raison et le mouvement épicurien initial reprendra en 1945, avec le grain de folie des périodes d’après guerre.

Mathilde

(Traduction Image : Interdit de danser le Swing)

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