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Le 3 mai 2015 s’est éteinte une grande voix de la radio française. Lâchant son micro une fois pour toute, Remy Kolpa Kopoul, plus connu pour sa voix que pour son nom, nous laisse tout son univers et ses 45 années de recherche musicale.

Mais qui est donc cet étrange personnage à la voie rauque et aux bretelles omniprésentes ? Qui est donc le ConneXionneur ?

Tout commence en 1965, au Pop Club de José sur France Inter, une émission de radio où le petit RKK partage ses découvertes musicales à l’âge de 16 ans. Un attrait pour la musique qu’il a tôt, grâce aux disques de son père défunt et de la radio de sa mère, allumée en permanence à cause de son métier de couturière.
RKK et Libération
Né d’un père bolchévique, lui même fils d’un ancien compagnon de cellule de Lénine, le vinyle des chœurs de l’armée rouge a résonné dans la maison Kolpa Kopoul. Ce patrimoine familial l’a mené naturellement à s’intéresser aux événements de mai 68 et à y participer. Grève, barricades et occupations sont ses maitres mots. Toute cette effervescence l’entraine vers l’ultra gauche. Proche du journal Libération, ses « camarades », lui proposent rapidement d’écrire sur la musique. « Mao un jour, Mambo toujours », il accepte et devient donc journaliste musical pour ce journal à partir de 1973 jusqu’en 1986. Il rejoindra ensuite Radio Nova comme animateur en 1992 puis également TSF Jazz à partir des années 2000.
RKK aura donc partagé sa musique à travers 4 univers : la presse écrite, la radio, en tant que DJ mais surtout en tant que ConneXionneur.

« Tudo bom ? »

TudoBom

Il est une véritable encyclopédie musicale : que ce soit de la musique brésilienne qu’il connait depuis toujours, à l’Afrique qu’il découvre à travers ses nombreux articles et recherches pour Libération. Son métier de journaliste l’amène à faire de nombreux voyages au Brésil mais aussi dans le reste du monde. Fin connaisseur de la « sono mondiale », il sera un véritable moteur de l’arrivée de la « World music » en France. Il fait découvrir grâce à ses articles de nombreux artistes du monde, comme Caetano Veloso ou encore Manu Dibango.
Pour finir il quittera Libération, plus d’articles donc mais toujours cette volonté de transmission: il veut organiser des concerts. Il fera le pari de faire venir en France João Gilberto, considéré comme le père fondateur de la Bossa Nova.

« La radio est le média où on peut raconter, où on peut fantasmer »

L’organisation de la tournée française de Gilberto (qui est un succès) l’amène à rencontrer Jean-Francois Bizot qui l’accueille comme animateur chez radio Nova. RKK est alors comme un poisson dans l’eau. Son spectre musical est en parfaite harmonie avec la tendance de l’époque dans la radio: la World music, avec son slogan: « le Grand Mix ». Il devient rapidement un pilier de Nova, grâce à sa voix emblématique et à ses émissions. Il animera par exemple le « Control discal », émission où les invités fouillent dans sa discothèque de plus de 800 vinyles et partagent des anecdotes et des musiques. Il y aura aussi les « Voyages improbables » pour les amateurs de sons étranges et de récits en tout genre. Mais Remy Kolpa Kopoul ne s’arrête pas là, il rejoint en plus la radio TSF JAZZ et se lance à 41 ans comme « ambianceur ».

DJ RKK

DJ RKK

Ambianceur, c’est le mot qu’il préférait à DJ. Il aura fait passer ses galettes dans de nombreux festivals (dont Les escales de Saint Nazaire) mais aussi dans de nombreuses soirées (Marathon Mix, Lundi c’est Remy). Cela lui permet de se rapprocher encore du monde, partager directement avec les autres et observer les réactions. DJ RKK avait la volonté d’allier la musique du monde et les musiques électroniques, de les combiner, de construire des liens. Il pouvait faire jusqu’à 4 fois le tour de la terre en musique en une soirée: passant du rock 50s en espagnol, de la drum n’ bass brésilienne ou même de l’électro turc. Jouissant d’une incroyable culture musicale, DJ RKK surprend par la diversité et la nouveauté dans ce qu’il passe. « Je vais quatre fois par an au Brésil, je rapporte la came sonore », dit-il.

Le ConneXionneur

Remy Kolpa kopoul a donc passé sa vie à échanger, transmettre sa musique, sa passion avec les autres, mais il a aussi passé sa vie à créer des liens. Il favorisait la rencontre d’artistes de tous styles et de tous pays pour qu’ils échangent et s’influencent. Surtout il favorisait la rencontre des bonnes personnes aux bons moments: entre artistes et producteurs majoritairement, pour les associer à des projets, à des festivals. Il a été le parrain et le tremplin de nombreux artistes (Ibeyi, Dabi Touré, Flavia Coelho entre autres), une dévotion qui souligne encore l’importance qu’il accordait à la musique et à l’échange.
Mais d’où vient cette volonté perpétuelle de partager son monde et sa musique ? Il vous aurait sûrement répondu que c’est le résidu de son enfance crypto communiste.

« Je ne suis pas animateur radio mais radioteur à voix de gorge profonde.
Je ne suis pas journaliste mais gratteur de papiers. Je ne suis pas DJ, mais platineur tous terrains depuis 1990.
Je ne suis pas passeur de musiques mais gourmet des esgourdes qui essaie d’être contagieux.
Je suis conneXionneur, un point, c’est tout ».

 

Pour en apprendre un peu plus sur le ConneXionneur:

www.youtube.com/embed/M_S3Lob–fc

Pour écouter ce qu’il aimait:

 

Etienne L.


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