En juin dernier, pour la première fois depuis 2010, les japonais ont pu retourner danser dans les clubs jusqu’au petit matin.

2010-2016 sont des années sombres à oublier pour la scène électro japonaise, durant 7 ans, à cause de la loi Fueiho, les clubs sont l’objet de lourdes restrictions et de raids de la police condamnant la vie nocturne de l’archipel. Cela peut sembler paradoxal tant les japonais sont pionniers en matière de musique électronique, depuis le début des années 90, ils ont été dans les premiers a accepter l’idée que la musique puisse exister à travers des machines et non des instruments, c’est d’ailleurs à eux que l’on doit les mythiques TR303, 808 et 909… Et dire que cette scène aurait pu être amenée à disparaître !

Pour reprendre depuis le début, dans les années 90 au Japon la scène électro apparaît avec notamment l’émergence de clubs dans les principales villes comme Tokyo, Osaka ou Kyoto. Ce développement s’effectue en dépit de l’archaïque loi Fueiho qui encadre depuis 1948 les lieux dits événementiels, cette loi interdit la danse dans les boîtes de nuits et ont pour obligation de fermer à minuit ou 1h pour les plus chanceux.

Mais durant une vingtaine d’années la musique électro n’est pas concernée par la loi Fueiho car elle est mise en place à l’époque pour encadrer la prostitution. Elle peut même parfois sembler absurde, pour que la danse soit autorisée dans un club il est nécessaire d’être titulaire d’une licence qu’il n’est possible d’obtenir que si vous avez un dancefloor d’au moins 66 m².

Mais en 2010, la mort d’une étudiante à l’Amerikamura, un club à Osaka, met un coup de projecteur sur les acteurs de la vie nocturne. La réponse de la police ne se fait pas attendre, la loi Fueiho commence à s’appliquer et les boîtes sont rapidement l’objet de lourdes restrictions ainsi que de raids de la police qui conduisent à la fermeture de nombreux clubs. Avec de telles contraintes les clubs tournent au ralenti ou mettent la clé sous la porte, d’autant plus que cela s’accompagne parfois d’une interdiction de vente d’alcool.

Mettre un tel carcan sur la scène japonaise équivaut à l’étouffer, des voix n’ont donc pas tardées à s’élever contre Fueiho avec notamment le collectif Lets Dance. Son but était de montrer à la population japonaise et au gouvernement que la musique électro fait partie intégrante de la culture japonaise, les membres ont par exemple fait circuler une pétition que de nombreux artistes et clubbers ont signés.

Il faut attendre 2015 pour que ces derniers gagnent gain de cause quand le gouvernement décide que Fueiho ne s’applique plus aux clubs, puis juin 2016 pour l’application effective. Cela ne fait donc que quelques mois que les japonais peuvent retourner taper du pied jusqu’au matin, mais à une condition : que la salle soit baignée dans une lumière de la même intensité que celle d’une salle de cinéma. Il reste cependant un point à nuancer, si le gouvernement a pris cette décision c’est parce qu’ils accueillent les JO en 2020, ils n’ont eu pas d’autres choix que de changer la loi avec l’afflux massif de touristes pendant cette période, et c’est bien dommage que ça ne soit pas autrement…

L’electro japonais est riche et variée , il eut été triste de devoir s’en passer si le Japon n’accueillait pas les JO

Impossible de parler du Japon sans mentionner Fumiya Tanaka, sans doute le DJ le plus prolifique au Japon. Il est un des premiers à introduire à introduire l’archipel à la techno et à la minimale au début des 90. Désormais à la tête de 3 labels (Torema Records, Untitled Records et Sundance), Tanaka a acquis au fil des années un fort rayonnement international après avoir tourné avec des DJs comme Derrick May ou Jeff Mills. Il a récemment sorti un album attendu de longue date sur le fameux label Perlon « You Find The Key ».

Autre DJ très en vue : le tokyoïte So Inagawa, il signe un premier track sur le label parisien Telegraph, quelques années plus tard, il fonde avec DJ Masda le label Cabaret Recordings. Depuis le label totalise 11 albums et a acquis une grande notoriété auprès des mélomanes, principalement avec Logo Queen de So Inagawa lui-même.

Thibault

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