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« non mais il n’y pas de scène parisienne, le public Parisien est un enfer, que des hipsters sous drogue qui ont à peine 18 ans et qui ne comprennent rien à la musique. Je préfère largement Berlin/Barcelone/Londres (rayer la mention inutile) pour clubber et d’ailleurs les Djs aussi … blablabla » On l’a tous déjà entendu et en plus d’être agaçant ce genre de commentaire est complètement faux !

Hipster tu hais, hipster tu es

Capture d’écran 2015-12-15 à 22.06.38Les personnes qui osent dire ce genre de choses sont pour moi immédiatement à placer dans la case des hipsters-de-merde-kinikonnaisserien qu’ils insultaient plus haut. Pourquoi ? parce qu’ils limitent la scène parisienne ou le public parisien à celui de la concrete les soirs/jours de grosses affiches, du rex le samedi soir, du weather ou de la peacock un week end d’été (et d’hiver (et de printemps et automne pour weather)) ou pire du ZigZag et du showcase toute l’année. Enfin bref, je ne ferai pas l’ensemble des clubs parisiens un à un mais l’idée est là : si la seule connaissance qu’ils ont de la scène parisienne sont ces soirées, alors ils ne connaissent rien ni à la scène, ni aux artistes, ni à la musique.

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Alors d’accord, aujourd’hui Concrète, Weather, Peacock (ect…) c’est en effet un public composé en partie de m’as tu vu, de hipsters et de jeunes drogués. Je souligne le « en partie » car un peu comme sur le groupe Weather Festival Music, les 30% des personnes que l’on voit le plus sont les moins intéressantes.

 Cela porte préjudice à l’ensemble du groupe au vu du niveau de débilité parfois atteint (comme demander à Ben Klock de ramener son soundsytem au calme cf photo) mais il n’empêche que 70% des membres semblent être des personnes plutôt cools voire vraiment calées.

Maintenant, vu le dynamisme de la scène parisienne, rien ne nous empêche d’éviter ces soirées sauf peut être un manque de curiosité (susmentionné) car ce qu’il faut bien comprendre avec la scène parisienne c’est que les meilleures soirées sont rarement celles dont on entend le plus parler.

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Croyez moi, dès que l’on s‘écarte un peu des sentiers battus et des gros line up, il est possible de passer une soirée exceptionnelle avec un public à la hauteur. Mais ne soyons pas systématique dans nos choix, quoi de plus snob qu’éviter un artiste que l’on adore parce que l’évènement est trop populaire ? A toutes les soirées on peut trouver des passionnés, c’est à nous de les chercher au lieu de focaliser sur ce type de personne que l’on déteste. Dans tous les cas, lorsqu’on s’intéresse réellement à la musique, on connait les bons artistes, les bons promoteurs et donc les nombreuses bonnes soirées parisiennes mais cela demande un peu plus de travail que de prendre sa place pour la Peacock.

Prenons nos responsabilités en choisissant nos soirées mais ne critiquons pas le fait que cette scène deviennent trop accessible et populaire. C’est cela qui a permis d’avoir les week end de folie parisiens actuels et ce n’était pas gagné .

N’oublions pas que Paris revient de loin …

On a tendance à prendre pour acquis le dynamisme actuel de la scène et pourtant il y a un peu plus de 5 ans, la scène parisienne était désastreuse. La Préfecture avait adopté une politique de répression forte contre des promoteurs ou gérants de clubs : fermeture administrative, amende pour tapage nocturne, demande de travaux d’insonorisation hors de prix. La vie nocturne subissait … en silence. Pourtant ce n’est pas le bruit mais l’incompréhension qui se cachait derrière la répression : le monde la nuit est alors considéré comme « glauque, bizarre, dangereux », le clubbing ne relève en rien de la culture et ne doit pas être favorisé. Paris souffrait de sa technocratie, sa gérontocratie. Les artistes internationaux se déplaçaient rarement, les artistes français fuyaient la capitale pour Berlin ou Londres. Le 11 novembre 2010, le monde titrait sa rubrique culture « Paris capitale européenne de l’ennui». Paris ville musée, à 22h30 les lumière s’éteignaient. Pourtant dès 2009, la révolte gronde et se formalise dans une pétition appelée « quand la nuit meurt en silence » , Paris ne sera pas une ville sage et normée !

Les sundae arrivent d’abord et réveillent les dimanches des Français. Eté 2012, un groupe de potes s’en inspire et organise le dimanche en journée un évènement régulier appelé Twisted. Ca se passe sur une péniche, vous l’avez compris La Concrète est sur le point de naître. La demande est forte et stimule la scène française qui reprend forme. Les artistes français trouvent des résidences, sont de plus en plus nombreux, de plus en plus connectés, les clubs et les soirées « underground » fleurissent, Paris est sauvé.

Paris aujourd’hui, c’est quoi ? c’est où ?

Paris renait, Paris est sorti de son mutisme de poseur de teilles et de talons hauts, Paris aime la techno, la house, la minimale, la micro house (et tous les autres genres) Paris aime l’art, la non chalance, le roots, les drogues. Paris aime faire la fête du vendredi au lundi matin, Paris aime les befores sur les quais et les afters en banlieue. Paris est insatiable et les promoteurs ou DA l’ont compris.

  • Paris c’est le rex un jeudi soir
  • Paris c’est les Kata
  • Paris c’est les crazy jack
  • Paris c’est les soirées d’insomnia rec
  • Paris c’est les sundae
  • Paris c’est le Batofar
  • Paris c’est OTTO10 (qui fait un appel aux dons ici)
  • Paris c’est le petit bain
  • Paris c’est Vertikal
  • Paris c’est des centaines de jeunes collectifs qui écument les disquaires la semaine et organisent d’improbables soirées au Djoon, à la plage Glazart, au malibu, au faust, dans des boucheries (ect…) le week end.
  • Paris c’est Zip qui prend un verre au bar de la concrete un dimanche de Get Perlonized sur une barge à moitié vide pour notre plus grand bonheur.
  • Paris c’est Garnier qui s’empare du micro en plein milieu de set et qui offre 15 min d’open bar au rex.
  • Paris c’est Ricardo qui après avoir annulé sa kata annuelle sold out , revient en force au cabaret sauvage et choque les irréductibles gaulois qui avaient bien fait de prendre leur place pour un dimanche aprem.
  • Paris c’est un festival regroupant, le temps d’un WE ,tous les plus grands noms de la scène  sur le tarmac d’un aérodrome entre une fusée et des avions militaires
  • Paris c’est au moins un artiste du Top 100 RA par Week End et des centaines de soirées différentes du vendredi au lundi.

Paris c’est bien plus, au point qu’il devient difficile de suivre et qu’il faut parfois opérer des choix qui font mal au cœur.

Dire que Paris n’est pas une belle scène c’est omettre tout cela, et ça ce n’est pas digne d’un clubber. Contrairement aux autres capitales, Paris n’a pas tout prouvé, beaucoup reste à faire. Dans quelques années, sa vie nocturne aura acquis un réelle identité et quand les lumières s’éteindront, Paris deviendra ville du son, à sa façon…

En bref, arrêtons de nous plaindre et n’oublions pas : on a les soirées que l’on mérite !

Mathilde

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