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Savez-vous comment un groupe mythique crée une chanson mythique ? Jean-Luc Godard a voulu savoir, a voulu voir et nous faire voir dans son documentaire daté de 1968, Sympathy for the Devil.

1968, Olympic Sound Studios, Londres.

Mick Jagger, qui vient d’écrire les paroles d’une chanson qui s’appelle encore Devil is my name, montre les accords à Brian Jones (guitariste et fondateur du groupe) tandis que le batteur, Charlie Watts, cherche un rythme. Puis Keith Richards arrive, s’assoit en tailleur à coté de Mick, et commence à jouer des riffs de guitare. Ça y est, l’élaboration d’une des plus grandes musiques des Rolling Stones, et du rock, a démarré : Sympathy for the Devil.

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La magie du documentaire est de montrer le processus mystérieux et complexe de la création musicale de la manière la plus simple : en mettant une caméra et des micros dans le studio des Stones, rien de plus. Pas de voix off, pas d’interview. Les séances studios sont seulement entrecoupées de séquences théâtrales conceptuelles, et par « conceptuelles » entendez chelous. Pourtant, malgré leur aspect abstrait qui surprend d’abord, ces séquences viennent nous apporter le contexte de la composition, afin de la comprendre.

La première de ces scènes montre des afro-américains dans une casse automobile discutant du Rhythm’n’blues et de l’esclavage. Car le blues est l’influence majeure des Rolling Stones, qui sont à la base, un groupe de R’n’B. Le documentaire montre des versions très calmes et dans un rythme blues de Sympathy for the Devil tandis que la version finale possède un rythme rapide de samba que Mick Jagger qualifie d’hypnotique.

Les deux autres séquences sont tout aussi bizarres que la première et sont une critique du capitalisme vis-à-vis de la production culturelle. Elles soulignent aussi le contexte politique de l’époque : la guerre froide, la guerre du Viêt-Nam, la mort de Robert F Kennedy, Mai 68…

Malgré tout, le plus intéressant dans ce film ce sont les séances studios qui nous laissent voir comment on crée une musique en groupe, et ce pour chaque étape puisque Mick Jagger amène la chanson sous sa forme brute et au fur et à mesure chacun ajoute sa touche : la batterie, le piano, la basse, la guitare solo, etc.

Donc si vous êtes amoureux de musique, vous voulez voir ce documentaire car c’est aussi l’occasion d’écouter des répétitions des Rolling Stones, sessions qui ne sont ni des concerts ni des morceaux qu’on retrouve sur un album.

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Clément

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