L’essor de la musique électronique asiatique des 80’s à aujourd’hui

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CHICAGO // middle of 80’s

En pleine gloire de la musique disco, portée par les Bee Gees, Donna Summer et autres de ces protagonistes, certains garages de la ville de l’Illinois pulsent sous de nouvelles vibes. La house music est en pleine éclosion.
A moins de 300km de là, dans le Michigan, Detroit développe une musique encore plus métallique et dirt, mais surtout moins mainstream : la techno, qui se forge grâce aux mains et aux oreilles de Kevin Saunderson & Derrick May.

Depuis, les plus gros clubs d’Europe et du monde sont imprégnés de cette culture nord américaine, avec en tête de file Berlin qui fait office de capitale de la musique électronique mondiale.

Tout comme l’histoire du monde dans sa globalité, l’Europe et l’Amérique du Nord ont aussi connu une ascension plus rapide au niveau de ces sous-genres musicaux. Cependant, ces deux continents sont rattrapés depuis une vingtaine d’années par l’Asie. Rattrapés dans l’économie, la chimie, le textile… et donc dans la musique électronique !

TOKYO // early 90’s

C’est surtout au pays du Soleil Levant que la musique électronique s’est enracinée et qu’on a vu éclore bon nombre de producteurs. Satoshi Tomiie, Soichi Terada, Shinichiro Yokota, Ken Ishii sont autant de noms qui ont su s’inspirer de l’héritage des pionniers américains et ainsi marquer le genre d’une empreinte indélébile.

Drum’n bass, downtempo, house, techno et expérimental : Soichi Terada is in da game. Da game ? Bah oui, parce que le mec te crie Got To Be Real mais chacune de ses sonorités te fait replonger dans l’univers fictif de Nintendo & Pokemon.

Et son frérot, c’est Shinichiro Yokota ! C’est d’ailleurs ensemble qu’ils ont découvert la bonne house music grâce à leurs Night Drive dans les premiers clubs dédiés à Tokyo.

Donc n’oubliez pas, Japan House rime avec Terada & Yokota, et c’est comme ça. C’est eux qui ont offert au genre nippon toute son esthétique et sa spécificité. Si la base rythmique et l’utilisation des synthés semblent copier le genre occidental, ils incorporent une nouvelle esthétique du style asiatique, et ça, c’est ce qui a créé leur atmosphère.

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Dans une interview en 2017, Terada a d’ailleurs déclaré : « À l’époque, nous avions essayé de produire un son proche de la House Music américaine et européenne, mais nous n’y arrivions pas ».

Après avoir offert full kiff pendant 10 ans, nos deux compères subissent un certain déclin et disparaissent progressivement pour s’engager vers de nouveaux horizons… La production nippone se tourne alors vers une toute autre esthétique : on voit alors éclore de nouveaux artistes comme DJ Nobu, So Inagawa ou Stereociti, inspirés de divers courants plus récents, minimalistes et épurés.

C’est grâce à la compilation rétrospective sortie début 2015 sur Rush Hour que la carrière solo de Soichi Terada connaît un récent élan de popularité, car même si déjà adoubé par bon nombre de DJ’s, il restait inconnu du consommateur de musique électronique lambda. On peut donc remercier Hunee, boss de Rush Hour et DJ aux milles perles oubliées, qui a eu la brillante idée de le remettre au goût du jour.

BERLIN // today

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En parlant d’Hunee ! Revenons en à notre capitale berlinoise et parlons un peu de son résident sud coréen.
Au Crossroad de la house et justement de la disco des années 80 évoquée en préambule, Hunee est un pur produit des teufs Dekmantel. Il montre le nouveau visage des artistes asiatiques, ceux qui s’exportent pour jouer de la vraie musique occidentale avec quelques effluves de leur pays natal. Ses magiques b2b avec Antal n’en sont que la preuve : une musique variée et representative d’un monde actuel aux 1000 facettes, et donc aux 1000 façons de faire danser…

Et oui c’est ça aussi la force de la culture musicale asiatique : se mélanger et aller chercher autre chose que ce qui vient de chez toi…

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Peggy Gou, c’est « the » artiste asiatique du moment, c’est la chef de file d’une house futuriste, élégante et pleine de groove ! Elle se distingue par une très forte personnalité, avec un profil qui Makes You Forget celui des DJ’s classiques, et qui se rapporte presque à une It girl. Peggy Gou c’est des productions léchées avec son piano et sa voix, mais aussi des pyjamas Vuitton, des restos gastro, des ballades en catamaran en Italie et aussi beaucoup beaucoup d’humour.

Ainsi, entre des rééditions, des tournées partout dans le monde ou encore d’excellentes relations avec des maisons de disques incontournables, les artistes asiatiques de techno/house n’en finissent pas d’avoir la cote !

Joséphine

 

 

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