« Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin, à Combray, […] ma tente Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. » Marcel Proust

Comme le décrit si bien l’écrivain français dans ces quelques lignes, mémoire, souvenirs et sens sont étroitement liés. Mais le goût n’est pas le seul sens qui peut nous permettre de voyager dans le temps. Chacun de nos cinq sens sont des garants de la mémoire, l’ouïe en particulier. Qui n’a jamais perçu ce sentiment de retour vers le passé à l’écoute des premières notes d’une musique ? Mettre ses écouteurs, fermer les yeux et se souvenir…

Mais comment expliquer ce phénomène ?

Commençons par un peu de « science ». La madeleine de Proust fait appel à la mémoire épisodique, aussi appelée mémoire autobiographique, qui contient les éléments du passé individuel. La formation de cette mémoire à lieu dans le lobe temporal médian, constitué de l’hippocampe, chargé de la création de la mémoire, et de l’amygdale, centre émotionnel du cerveau, qui va avoir un rôle d’amplificateur de l’activité de l’hippocampe. Ainsi, un souvenir créé à un moment d’émotion fort sera plus détaillé et plus puissant. Une fois créés, ces souvenirs seront « stockés » dans les quelques millions de milliards de synapses neuronales et seront ravivés lors de l’activation de circuits particuliers.

La musique va alors opérer sa magie de deux manières.

D’abord, musique et émotions sont deux éléments inséparables. Une chanson peut nous rendre heureux, triste, tendu, détendu, énergique, somnolent… et va donc raviver des souvenirs plus intenses, plus précis et pleins d’émotions.

Ensuite, la musique provoque une remontée plus naturelle de la mémoire. Un souvenir quelconque utilisera de nombreuses fonctions cognitives pour ressurgir. La musique, cependant, provoque l’activation de circuits neuronaux différents, qui ne font pas intervenir ces fonctions cognitives. Le souvenir surgit alors de manière inconsciente, involontaire, comme ce fut le cas pour Marcel Proust.

Vous l’aurez donc compris : conserver ses playlists pourraient être d’un grand secours dans une cinquantaine d’années pour revivre, comme si nous y étions, des souvenirs de notre jeunesse.

Pour ma part, pas la peine de monter à bord de la DeLorean du Dr. Emmett Brown pour retourner à l’édition 2019 de Dour, il me suffit seulement d’écouter ce qui suit…

Et vous ?

Clément

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