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Depuis un an, le groupe suédois est confronté à d’importantes transformations de son modèle.

Cette plateforme fondée en 2007, et basée à Berlin, compte aujourd’hui plus de 175 millions d’utilisateurs uniques mensuels, et reçoit près de 2 heures de musique supplémentaire uploadée par ses utilisateurs toutes les minutes. Autant dire que SoundCloud est un géant de la distribution audio en ligne, avec un fanbase fidèle et dynamique.

Ayant remplacé MySpace à son arrivée sur le Web, SoundCloud est malheureusement aujourd’hui en péril de disparition. En effet, depuis un an, l’entreprise est la cible de moultes critiques de la part des détenteurs de droits sur la musique postée sur la plateforme. Ces critiques ont amené SoundCloud à durcir son contrôle sur l’application des droits d’auteurs, en particulier en s’associant avec Zefr, une entreprise déjà partenaire avec YouTube, dont le travail consiste à traquer les posts d’utilisateurs en violation de droits d’auteurs, et ensuite les supprimer sans donner de préavis au dit utilisateur.

Ces nouvelles mesures viennent donc mettre en péril la culture du remix qui est une des spécificités de la plateforme ; plus globalement, elle représente pour tous les créateurs un frein à leur liberté. Aussi, de nombreux artistes, suite à la suppression de leurs contenus sur la plateforme, décident de partir, ce qui pose la question de la viabilité de SoundCloud comme service. La magie de SoundCloud était de proposer une liberté totale à ses utilisateurs, et ainsi de promouvoir l’élan créatif, l’expérimentation, le partage… Il se pourrait bien que la fin de SoundCloud approche.

SoundCloud se retrouve donc dans une situation extrêmement complexe. D’une part, elle doit répondre aux exigences des détenteurs de droit afin de rester dans la légalité et de pérenniser leur activité ; d’autre part, elle ne peut pas se permettre de perdre le soutien de ses utilisateurs, qui peuvent se sentir bridés ou même agressés par les nouvelles mesures de protection des droits d’auteur. L’idéal serait d’arriver à segmenter la plateforme, entre d’un côté les uploads officiels, et d’un autre côté les uploads d’utilisateurs, qui eux ne seraient pas sujets aux droits d’auteurs. Autre idée, instaurer un système de rémunération similaire à celui appliqué par You Tube, en reversant des royalties aux détenteurs de droits.

Hélas, il est peu probable que SoundCloud ait les moyens de mettre en place de tels changements. En effet, la semaine dernière, la société annonçait que sa trésorerie était dangereusement faible.

On ne peut donc qu’attendre et observer si SoundCloud saura sortir vainqueur de cette épreuve, ou si il nous faudra nous en remettre à d’autres plateformes. Personnellement, en tant qu’utilisateur quotidien de la plateforme, j’espère qu’ils sauront trouver les solutions adéquates : j’aime vraiment cette plateforme, et ça me ferait quand même un petit quelque chose de la voir disparaître.

Cyril Raguenet de Saint Albin.

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