Interview : Kid Wise

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A l’occasion de leur passage au festival Le père Noël est il un rockeur ? à Lille, les membres de Kid Wise ont accordé à La Nordisque une interview avant d’entrer sur scène. Un moment très agréable qui nous a apporté beaucoup de réponses quant à l’identité du groupe, leurs valeurs et leurs goûts.

 

Pour commencer, pourriez vous nous raconter votre rencontre ? Ce qui vous a poussé à vous lancer ?

Augustin : Au départ c’était un projet solo que j’avais, quand j’ai voulu faire des concerts par la suite, j’ai réuni quelques copains. Le premier morceau qu’on a fait ensemble s’appelait kids, morceau qui se trouvait sur mon EP solo puis on l’a réadapté en mode formation groupe. Après Kids on a fait un EP qui s’appelait renaissance sur lequel il y a Hope, funeral et Angel. Pour ce qui est de la rencontre, j’étais avec Vincent au lycée, Clément au conservatoire, ensuite par des amis communs on a rencontré le reste du groupe. On est six maintenant, avant kids on était quatre je crois donc ça a pas mal évolué, on a mis un an et demi à se fixer pour de bon, à être aussi nombreux

 

Et du coup c’est un plus pour vous d’être aussi nombreux ?

12248110_991097610912959_5905778549078758413_oVincent : Sur le papier c’est compliqué, pour plusieurs raisons : déjà sur le côté humain, 6 personnes ça veut dire 6 avis qu’il faut toujours prendre en compte. Rien que pour les restos d’avant les concerts c’est l’enfer (rires). Niveau concert, c’est aussi quelque chose de très compliqué, on est beaucoup, on a beaucoup de matériels c’est pas toujours facile … Sur le côté musical c’est plus une chance qu’autre chose.

Augustin : Être si nombreux c’est un frein niveau développement. D’un point de vue financier ce n’est pas toujours facile, on ne va pas entrer dans les détails mais ça fait par exemple beaucoup de choses à déclarer, beaucoup de gens sur la route, beaucoup de gens sur la scène. Du coup comme on fait de la pop progressive, qui a un côté post rock, on a énormément de matériels. Mais dans tous les cas, on souhaite garder tout ça car les gens commencent à dire que Kid Wise a un gros son en live et que c’est une véritable expérience sonore, et c’est vraiment ce que l’on cherche à faire depuis le début. Stratégiquement, c’est un frein, c’est une connerie tout le monde nous l’a dit mais au niveau humain et musical c’est hyper fort et on va encore intégrer des gens.

Reste du groupe : Ah bon ??

                                                                                           Augustin : Non je rigole.

 

Pour revenir un peu sur votre genre musical, vous définiriez ça comment la pop progressive ?

Clément : La pop progressive c’est un propos pop sur un format et une manière de traiter des idées qui est progressive tout simplement. C’est à dire que l’idée, en général, est assez évidente et simpliste mais la manière de la traiter est beaucoup moins lisse et plutôt extrême. Dans la manière de traiter je parle de la structure et je parle aussi du son.

 

Et par rapport à votre dernier album que vous avez appelé l’innocence, j’ai vu que le titre avait une certaine signification pour vous, qu’est ce que l’innocence représente pour vous dans le processus de création…

Clément : C’est compliqué mais l’innocence c’est cette réflexion qui tourne autour du fait qu’au départ on était un groupe de potes, on faisait de la musique pour rigoler et puis un peu par hasard on s’est retrouvé dans un milieu de professionnels et d’adultes. Dans nos vies aussi on sortait du lycée on était dans le passage à l’âge adulte et dans ce passage là il y avait pleins de craintes, de peurs surtout quand on voit le monde dans lequel on vit aujourd’hui. Donc l’innocence c’est l’idée de vouloir garder près de soi l’innocence de l’enfant qui fait des choses sans réfléchir et sans intérêt, naturellement, sans calculs et … honnêtement, voilà !

Le reste de du groupe : voilà il a tout dit.

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Vous avez des influences ou d’autres styles de musique que vous aimez beaucoup ?

Vincent : Vu qu’on est six il y en a forcément beaucoup, qui ne sont d’ailleurs pas toujours acceptés par le reste du groupe. Je parle en connaissance de cause (rires). En fait, chacun a sa formation musicale, a ses influences et au niveau des six, les goûts diffèrent complètement. Typiquement, Clément et Augustin sont beaucoup plus classiques que moi puisqu’ils ont fait le conservatoire. Par ma formation, je suis personnellement plus influencé par le jazz manouche … ouais manouche. C’est là que tout le monde se moque un peu de moi (rires). Après notre batteur est plus influencé par la pop dans un univers de Bon Iver ou The Maccabees par exemple. Enfin nos bassistes ont toujours été fan de cold wave et de new wave.

Vincent : Donc oui il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’influences dans nos projets. Souvent trop …

Clément : Mais après si il y en a deux sur lesquels on se retrouve tous c’est la très belle pop et la musique progressive, quelle soit de toute qualification : électronique, pop rock…

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Vous avez un artiste sur lequel vous êtes tous d’accord ?

Ensemble : Sigur Ros

Ca a le mérite d’être clair …

Augustin : Il y a un côté très pop dans Sigur Ros, et ils font des morceaux de 12 minutes donc c’est parfaitement pop progressif.

Clément : Je trouve que BRNS a aussi un côté pop progressif, même si dans le format ils sont plus court, au niveau des idées il y a un truc très extrême mais à la fois très évident et naturel.

Augustin : Pour le coup, notre but c’est de parler à tout le monde, Sigur Ros ça parlera jamais à tout le monde je pense même si ça essaye, la voix est trop chelou par exemple. Moi j’ai des paroles en anglais ou en français que les gens peuvent comprendre, du coup le but c’est vraiment de toucher tout le monde, autant des gens qui écoutent fun radio que ceux qui vont à des concerts classiques. En évitant quand même de nous imposer le format des groupes qui veulent plaire à tout le monde. Je trouve ça génial !

 

Au niveau des clips, vous avez eu une récompense je crois pour Hope ?

Vincent : Oui, on a eu une récompense ! En fait à la base Hope n’était pas prévu pour être aussi fort enfin on ne s’est jamais dit qu’il fallait qu’on fasse un clip fort pour cette musique. Ce n’est d’ailleurs pas nous qui avons écrit le scénario, des réalisateurs nous ont contacté et on leur a envoyé le morceau, en leur disant « vous faites ce que vous voulez ». On travaille comme ça avec les images, on laisse une grande liberté aux artistes. Par exemple, la pochette de l’album a été faite par une amie qui est maintenant aux beaux arts à Toulouse et qui disposait d’un champ totalement libre. Pour le clip de Ocean, on a discuté avec un copain d’Augustin qui fait des courts métrages, il a fait ce qu’il voulait et comme il a un univers vraiment particulier, le rendu final était très spécial et on a vraiment aimé. Hope c’est exactement ça : au final, c’était une bande d’amis réunis dans la maison de campagne d’Augustin, le scénario initial était plus extrême mais quand ils se sont retrouvés à réellement faire les choses ensemble ça a prit un sens qui n’était pas écrit et prévu. Typiquement les scènes autour du feu où ils dansent et vomissent, les acteurs voulaient vraiment vomir donc ils ont dû boire des choses atroces pour que ça se fasse. Il y a vraiment eu des moments vrais et jusqu’au-boutiste qui n’étaient pas prévu. C’est ce qui a fait la force de ce clip je pense, son honnêteté !

Il nous reste très peu de temps avant votre entrée en scène, une dernière question. C’est une mise en situation : imaginez que vous êtes une cendre, vous êtes enfermés dans un cendrier de type marocain plongés dans le noir et d’un coup quelqu’un ouvre le cendrier, avec l’appel d’air vous êtes aspirés dans l’infini. Si vous étiez la cendre, vous écouteriez quelle musique ?

 Ensemble : Oulà …. quelle question (rires)

Vincent : Django Reinhardt Voilà !

Clément : Weird Fishes Arpeggi de Radiohead

Le reste du groupe : ouais pareil !

Vincent : sinon Varúð de Sigur Ros aussi !

Ok, niquel bah merci beaucoup pour cette interview les gars et bon concert !

 

Crédit photo : Homard Payette

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