Interview: Swann Decamme

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A l’origine du label parisien Curiosity Music, Swann Decamme est aussi producteur et Dj.Le passionné de musique électronique nous en dit un peu plus sur ses origines musicales, son label, ses projets.

Quelle est ton histoire avec les musiques électroniques ? Comment décrirais-tu ton style musical avec tes propres mots ?

J’ai commencé il y a environ sept ans en intégrant une école de mix pour apprendre à manier les platines vinyles et CD. Ensuite, j’ai passé deux ans et demi dans une école privée avec un mentor qui m’a tout appris de la composition à l’arrangement en passant par le mixage et le mastering. J’ai enchaîné avec une formation de technicien du son pour terminer par un cursus d’ingénieur du son à la SAE de Paris.

Je crois que mon style est assez groovy et hypnotique. Je joue techno/minimal et tech-house. Après, tout dépend où et à quelle heure je joue : warm up, peak time ou closing.

Écoutes-tu d’autres genres de musique ?

J’écoute pas mal de musiques différentes : Jazz, classique, pop, rap, rock, trip hop, enfin un peu de tout. En tout cas, je ne passe pas ma vie à écouter des musiques électroniques. D’ailleurs, je n’en écoute pas beaucoup chez moi. Depuis janvier, je me suis abonné à Spotify. Du coup, à la salle de sport, je m’offre de bons vieux titres !

Quelles sont tes influences ?

Enfant, c’était ce que mes parents écoutaient : Police, The Pixies, Pink Floyd, The Clash, The Cranberries, etc. À l’adolescence, je suis passé au rap Français et américain avec Dr. Dre et Eminem, jusqu’à découvrir la minimal vers la vingtaine. Un titre particulièrement me reste encore en tête : Santiago de Chile, d’Alex Young and Scella.

 

Es-tu plutôt un gros collectionneur de vinyles, ou un DJ 100 % digital ?

Je suis plutôt digital, je dois l’avouer.

Pourquoi avoir créé ton propre label ? Quelles étaient tes motivations au départ ?

L’idée était d’être totalement indépendant et de ne plus seulement dépendre des autres.

 

D’où t’es venu le nom de Curiosity Music ?

C’est lié à la notion même de curiosité et à un track, Curiosity, que j’ai produit avec mon ami Mark Howls et qui est d’ailleurs sorti en février sur le label.

Lire aussi ici : http://curiositymusic.fr/news/swann-decamme-et-mark-howls-invitent-la-curiosite

En trois mots, Curiosity Music c’est quoi ?

Un esprit d’équipe, qualité artistique, et curiosité !

Dans une interview publiée sur le site du Nouveau Casino, tu déclares que l’une des devises de Curiosity music est le respect des valeurs humaines. Comme cela s’exprime-t-il dans un contexte musical ? Les artistes que tu signes sont aussi tes amis ?

Pas forcément au départ, mais nous aspirons à ce qu’ils le deviennent ! Nous essayons de nous rapprocher au maximum de l’artiste et de tisser des liens forts. Notre première sortie, Lodestar Bang, a été signée par Alexi Delano (http://curiositymusic.fr/releases/alexi-delano-lodestar-bang-ep), que je ne connaissais pas du tout auparavant. Aujourd’hui, Alexi est un ami avec qui je suis régulièrement en contact, ce que je trouve super cool. D’ailleurs, nous allons retravailler ensemble dans les mois à venir. En tout cas, produire ou booker un artiste n’est pas une fin en soi. Nous essayons d’aller plus loin et de constituer une petite famille ! J’ai bien sûr signé quelques amis, mais sans jamais transiger sur nos directions artistiques ni sur la qualité de la production.

Faire vivre un label suppose de découvrir de nouveau tracks en permanence. Comment ça marche pour Curiosity Music ? Quels sont les critères pour être signé ?

 Au début, j’ai contacté des potes et des artistes que j’aimais. Depuis que nous nous sommes vraiment lancés, en octobre dernier, nous commençons à recevoir des démos sympa. D’ailleurs, j’invite tous les jeunes producteurs à nous envoyer leurs démos. Nous prenons toujours le temps de tout écouter (http://curiositymusic.fr/demos) Sinon, je me promène sur SoundCloud ou je suis les conseils de mes amis.

Pour être signé, il faut s’inscrire dans le style techno/minimal/tech-house au sens large, et faire preuve d’une bonne qualité de production. Les tracks doivent nous faire vibrer. Je dis nous parce qu’une bonne partie de l’équipe donne son avis, ce qui me semble très important. Bref, il faut des démos qui sortent du lot avec une patte.

Sur une scène française toujours plus diversifiée et face à de plus en plus de collectifs et de labels, comment essaies-tu de te différentier ?

Avec l’équipe de Curiosity Music, nous produisons des artistes tous les mois et organisons également des événements. À Paris, faire les deux est plutôt rare ; souvent, c’est l’un ou l’autre. Nous, nous essayons de créer quelque chose tous les mois en essayant de faire connaître nos artistes et leurs productions lors de Release Parties.

 

D’ailleurs, avec ton équipe, tu organises une soirée à Lille, le 8 avril au Magazine Club. À quoi faut-il s’attendre ?

Nous avons invité Joran van Pol pour un set de trois heures. Joran, je l’ai découvert au tout début de sa carrière lorsque qu’il a sorti son tout premier track chez M-nus. Je voulais vraiment le booker. Au niveau de la production il a également son emprunte, son style, qu’on reconnaît directement. Ça devrait envoyer ! Je vous conseille de venir !

À ton avis, quels sont les atouts et faiblesses de la nuit parisienne ? Selon toi, y a-t-il des choses à améliorer ?

Il est difficile de juger, mais je pense que Paris manque de bons afters. Pour le reste, il y a de plus en plus de soirées avec des gros plateaux. En ce moment, il n’est pas rare d’avoir trois mecs qu’on a envie de voir jouer le même soir dans deux ou trois événements différents. C’est à la fois cool et un poil frustrant.

 

Pour toi, c’est quoi une fête parfaite ?

Des putes, de la coke et du champagne ! Non, je déconne évidemment. La meilleure fête possible, c’est simple, c’est une ambiance survoltée et un club bien rempli de joie.

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