Interview : The Sunvizors

Aleks à la batterie, Noj à la basse, J.C Wobble au clavier et Nino à la guitare quittent San’Jyla (groupe reggae) pour s’associer à Joy. Cette dernière soulève les morceaux du groupe avec sa voix rauque et chaleureuse. La somme des instrumentaux bien travaillés et du style folk de Joy vous fera rentrer dans leur univers reggae avec quelques touches de soul et électro. On a pu les rencontrer juste avant leur performance au festival Le Père-Noël Est-il Un Rocker ?. On vous laisse découvrir ces artistes passionnés.

 

The Sunvizors sort son premier album le 4 mars et se produira le lendemain au Jazz Session.

 

Vous connaissiez le festival avant ?

On en avait entendu parler, le nom circule pas mal… mais on ne savait pas trop ce que c’était exactement.

C’est votre première fois à Lille ?

Oui, c’est même la première fois dans le Nord.

Ça vous inspire quelque chose cette première fois dans le nord ?

On est super excités ! En plus on est bretons, on est un peu cousins avec les ch’tis (rires)… En plus Lille a la réput’ d’une ville très dynamique et festive.

Encore une fois, bienvenus ! Première question : pourquoi Sunvizors ?

On cherchait un mot avec deux entités contraires. Sun-Vizors : il y en a un qui définit le soleil, l’autre l’ombre. Dans notre musique on voulait quelque chose qui mêlait des sons d’origine organique et d’origine plus digitale. En plus on fait de la musique très hybride, ça permettait aussi d’avoir ce mélange.

Du coup, quels sont vos origines musicales ?

D’un peu partout, les fondations sont dans le reggae. A la base le projet était de faire des reprises roots / reggae. Puis finalement on s’en est détaché pour faire de la composition. Mais on écoute un peu de tout, ça passe par le rap, le rock and roll, même le métal.

Qu’est-ce qui vous a fait le plus peur pour commencer ce projet ?

On a tous fait de la musique auparavant. C’est plutôt l’absence de peur, du fait de notre expérience, qui nous a permis de nous lancer dans le projet. On y est allé du coup sans peur, c’est ce qui a permis de matcher. On savait aussi ce que l’on ne voulait pas et on s’est bien retrouvés sur ce point.

Comment vous vous êtes rencontrés ?

La section rythmique a joué pendant plus de dix ans avec San’Jyla et Joy jouait dans Matiz Métisse et on se croisait parce qu’on était dans le même territoire (Bretagne). La rencontre s’est faite naturellement. On pensait déjà à un projet de reprise, puis notre chanteur est parti et on a pensé à Joy. On s’est tellement bien entendu qu’on a décidé d’aller sur un projet compo.

Une journée type de The Sunvizors ?

On s’est levé à 6h, et on a pris la route. Tu ne sais pas si tu vas manger ou pas et que tu vas crever la dalle après (rires). Il y a les stations-service, les aires d’autoroute, ça, ça nourrit bien (rires). Finalement c’est au bout de quelques années que tu penses à prendre ton sandwich parce que t’en a marre de manger des sandwichs triangle. Mais une journée type de concert, surtout quand c’est loin, commence très très tôt et finis très très tard, du coup ça fait de longues journées, heureusement il y a des petits breaks.

Vous avez développé quelques petites habitudes ?

Oui, forcément. On se connaît très bien, on se respecte donc tous. Dans le camion chacun est dans sa bulle, regarde son film, joue à sa console, tape la discut’ à celui qui conduit. Du coup ça finit même par être ennuyant (rires). Puis on arrive, on décharge, on prend un verre parfois, mais ça n’arrive pas tout le temps, on tient à le préciser. Puis en générale il y a une interview, on installe le merchandising, on discute avec l’orga.

Vous allez rester quelques jours après ?

Non, on repart demain !

Vous avez d’autres dates ?

C’est la dernière de l’année, on reprend en février à Auxerre, au Silex. On a plusieurs dates de prévues.

Vous comptez faire quoi de cette période de pause ?

On travaille déjà sur le 3eme album, on peaufine le set actuel. On va surement kiffer l’année qui vient pour ça, on va composer sans stress. En ce moment, on veut faire le maximum de travail sans stress, parce qu’il va arriver par lui-même… On essayera de faire le maximum, de s’autoriser à rêver. Puis on a aussi d’autres projets en tête.

On dit de vous que vous représentez la nouvelle génération reggae en France. Pourquoi ?

Bah, il faut bien mettre des étiquettes ! On essaye d’apporter un truc bien à nous, ce n’est pas à nous d’interpréter si on est la nouvelle génération ou pas, en tout cas nous, on fait notre travail, on fait ce que l’on a envie de faire sans penser à ce qui a été fait, même si bien sûr on a des influences. Après on est encore jeunes.

En tout cas vous nous donnez envie d’écouter du reggae !

C’est l’idée aussi de sortir des sentiers battus pour pouvoir apporter du reggae à des personnes qui n’en écoute pas forcément. C’est comme ça que moi (Joy) me suis mise à écouter du reggae. On passe par d’autres styles et voilà. Puis aussi, ouvrir le reggae puriste à d’autres horizons. C’est un peu notre démarche, le métissage.

Vous écoutez quoi pour vous inspirer ?

On écoute pas mal de musiques différentes pour s’inspirer. On écoute d’abord pour notre plaisir personnel. Après on en discute beaucoup entre nous, on adore écouter du son ensemble. L’inspiration vient plus de l’aventure que l’on vit ensemble. Puis être sur la route laisse le temps pour la réflexion… surtout lorsqu’on n’a pas internet sur son portable (rires).

Vous gérez comment la communication extérieure ? Vous aimez lire ce qu’on dit de vous ?

On n’est pas encore hyper connus, donc on n’est pas hyper exposés médiatiquement, ça reste cool comme ça. Après ça ne veut pas dire qu’on n’a pas certaines salles en tête où l’on voudrait jouer, on a envie d’aller le plus haut possible. Et peut-être là on arrêtera de lire ce qu’on dit de nous. Sur les réseaux sociaux on essaye d’être présents, de toute façon c’est dans l’air du temps, on ne peut pas s’en passer. Ça fait toujours plaisir d’être suivis par des gens.

Quelle est votre meilleure expérience sur scène ?

Il y en a pas mal. Les Galettes de Monde, récemment, un festival chez nous (Bretagne). Il y avait entre 8 et 10 milles personnes, c’était super, c’était ouf (rires).

Est-ce que vous vous adapté toujours au public ?

Toujours ouais. La semaine dernière on a joué devant 50 personnes, par rapport à 8 mille, on s’adapte plus dans l’énergie quoi. De toute façon que t’aies trois « pélos » devant ou 10.000, il faut toujours assurer un concert. Il faut toujours donner envie aux gens.

On a remarqué que vous essayez de communiquer avec les auditeurs. Dans Music Box, vous commencez par “ Listen our music box, its playing reggae, reggae, reggae for you. What does it play in yours ? “

Bah dis donc ! Tu es bien le premier à citer nos morceaux en interview, ça fait plaisir. Exactement, c’est des invitations, c’est vraiment adressé aux gens. Si on ne partage pas, à quoi ça sert ? Ça sert pas.

Qu’essayez-vous de transmettre alors ? Des sensations ? Des messages ?

Chacun interprète à sa façon. Nous on propose quelque chose pas de l’ordre du calculé mais plus de l’ordre du ressenti, c’est un truc que l’on sort naturellement ; et on veut que les gens le reçoivent de la même façon. On ne veut pas que les gens suivent quelque chose de précis. On est plus là pour que les gens expriment leurs sentiments. C’est un peu comme une conversation. On donne une opinion et on essaye de créer un mouvement, un débat, une réflexion. Il faut rester ouvert, pour créer un échange. On n’essaye pas d’être moralisateur. On expose notre musique simplement.

A part la musique, qu’est-ce qui vous fait kiffer dans la vie ?

Plein de choses… (rires) Le sport, prendre soin de soi en général, voir ses enfants. Joy aime la pêche (rires), l’escalade et le bricolage.  C’est marrant de parler de ça en interview ! Il faut être heureux dans son atmosphère. Franchement on a un métier épanouissant, on est des gros chanceux, on est épanouis et ça nous donne envie de le partager avec nos proches.

Un artiste pour vous qui mériterait d’être plus connu ?

Sunvizors déjà ! (rires)… Mais sinon, un duo nantais, Ko Ko Mo. Ils font du rock, grunge, ils défoncent tout. On a joué avec eux une fois et franchement, y’a un truc, un feeling. Les mecs sont cools, le gars a une voix incroyable, il y a un groove entre les deux qui est sublime. Et on dit vraiment ça parce qu’ils sont vraiment ouf, pas pour qu’ils nous kiffent (rires). Ils sont déjà un peu connus quand même mais ils méritent LARGEMENT plus quoi… Donc allez checker ça.

Merci à vous et bon courage pour ce soir !

Merci à vous !

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