Interview : Hugo Kant

Hugo Kant était invité par Le Père Noël Est-il Un Rocker ? dans le cadre de la soirée Trip-Hop, en véritable chef d’orchestre, il a offert au public du Splendid de véritables moments de grâce tout en maitrise et improvisations. Entre ses concerts et ses 3 albums sortis depuis 2011, il nous raconte son parcours, ses influences et ses projets à venir.

Hugo Kant

Salut Hugo Kant, présente-toi pour ceux qui ne te connaissent pas, pourquoi avoir choisi ce nom de scène ?

Je m’appelle Quentin Le Roux à la base, Kant c’était un surnom, puis j’ai rajouté Hugo parce que ça sonnait bien, ça n’existait pas encore comme nom d’artiste.

Tu composes depuis un bon nombre d’années, ce que tu fais mélange pas mal de styles et d’ambiances. Quels sont les artistes et genres qui t’ont influencé, tes références ?

J’ai commencé par le classique avec le piano au conservatoire sans forcément aimer ça. Puis ensuite beaucoup d’acid jazz, de rock psychédélique et tous les classiques de l’époque Pink Floyd, Bob Marley, James Taylor Quartet, Magma. Un mélange entre le rock et le jazz. Plus récemment, ce sont les styles de musiques qui continuent à mélanger ce genre d’influence, du coup, le Trip Hop avec notamment Bonobo, Wax Taylor, The Herbalizer …

Penses-tu que ce que tu écoutes et découvres récemment continue à t’influencer au quotidien ?

Oui mais j’essaye de ne pas partir dans tous les sens, c’est davantage l’expérience, notamment dans les concerts, j’ai parfois envie d’inclure dans un album des expérimentations tentées en live. Après, sur les sorties d’autres artistes, quand je sens que ça me correspond et que ça me parle, je me permets parfois d’aller dans cette direction sans en faire de copie bien sûr. C’est un travail aussi bien conscient qu’inconscient je pense.

Tu es un véritable multi-instrumentiste, comment as-tu été amené à te diversifier autant ?

Je me suis mis à de nombreux instruments, avant même le projet Hugo Kant commencé en 2011 : piano classique très jeune, puis 4 ans de guitare classique, ensuite école de jazz en piano. Parallèlement à cela, j’ai appris la clarinette et la flûte en relevant des solos d’artistes qui me plaisaient Magic Malik, ça a marché aussi comme ça pour la batterie et la basse, jusqu’au jour où tu te dis que tu sais jouer de tout ça. Ça permet de mélanger les influences et surtout de ne pas trop aller chercher ailleurs, même s’il m’arrive tout de même d’utiliser des samples, pour une bonne part c’est joué sur le moment à la maison. Mon processus de composition est très aléatoire en fonction de l’inspiration.

Quand tu composes un album tu penses à sa réinterprétation en live ou ce sont tes essais en live qui t’inspirent pour tes prochains albums ?

La version album des morceaux est assez fixe et se suffit à elle-même, et après le live me permet d’en faire des déclinaisons infinies, les morceaux ne sont pas tels quels et une fois la thématique passée, je développe et j’improvise, ça m’amène parfois sur quelque chose de tout à fait différent du morceau d’origine.

Tu préfères plutôt la production studio ou les performances live ?

Les deux me plaisent énormément mais sont très différents, le live c’est plus d’énergie, d’investissement, de risques. Le travail sur un album est différent, tu es en sécurité dans ton studio. Mais sur les prochains albums je veux apporter des petits bouts de live avec des improvisations et des inédits.

Justement pour tes albums, tu conçois tes morceaux comme un tout complémentaire ou l’agencement se fait au feeling au fur et à mesure ?

La playlist se fait clairement après, morceaux par morceaux, d’autant qu’on fait des morceaux qui finissent par rester sur le disque dur, ce n’est pas pensé dès le départ.

En 2013, tu avais sorti un album de remix, comment s’est passée la relation avec les artistes, la rencontre, l’envie de leur confier ton travail pour un remix ?

Cet album m’est apparu comme une suite logique au premier album et toutes les découvertes et contacts faits à cette époque, des artistes que j’aimais bien à qui j’ai naturellement proposé de remixer mes morceaux. J’ai préféré choisir et que l’initiative vienne de moi pour avoir un ensemble cohérent qui reste dans la même veine.

Justement tes diverses collaborations se sont passées comment ? Par les réseaux sociaux ou tu les connaissais avant ?

Les trois featurings vocaux – Astrid Engberg, Kathrin de Boer et LostPoet, je les ai tous rencontrés après la collaboration, mais j’ai ensuite fait des concerts avec chacun d’eux, c’était assez exceptionnel, au gré des tournées on a pu se retrouver pour des concerts inédits.

Où est-ce que tu as été amené à jouer avec ton projet Hugo Kant ?

Roumanie, Chypre, beaucoup en Grèce, ils aiment beaucoup ce style, en Italie, en Sicile, mais je n’ai pas encore fait l’Allemagne, l’Angleterre et l’Espagne.

Qu’est-ce qui t’as convaincu de lancer ton projet et de vivre de ta musique ?

J’ai toujours baigné dans la musique, ça me semblait naturel, le questionnement était surtout de savoir quand je prendrais vraiment le temps de me consacrer à la création. Non pas faire des répétitions et des concerts, mais vraiment prendre le temps de faire un album. Je me suis demandé ce que je produisais et à l’époque il n’y avait rien, ça été un déclic, j’ai ressenti ça comme un manque, c’est ce qui m’a poussé à me lancer.

Hugo Kant 2

Et d’ailleurs quels sont les prochains projets ?

Un nouvel album est en cours de production et des dates évidemment, c’est plaisant de voir que ça marche, que les gens écoutent, mais ça prend du temps, plus de 2 ans entre chaque album. Je ne me mets pas trop de pression mais je sais qu’il en faut un peu pour rester productif, c’est un juste milieu entre trop de pression et pas assez, arrivé à être productif mais que ça vienne naturellement, ça ne se force pas mais il faut s’y mettre, c’est un travail de décantation.

Et si tu n’avais pas été musicien tu aurais pu faire quoi ?
Par la musique je suis plongé dans les ordinateurs et j’adore ça, j’aurais pu être programmeur ou travailler dans les jeux vidéo une de mes autres passions.

D’ailleurs n’aurais-tu pas envie de faire des bandes-son pour des jeux ou films ?

Ça pourrait coller c’est vrai, on me dit souvent que ma musique est très cinématographique. À l’occasion, ça me plairait beaucoup, mais je ne veux pas rentrer dans ce milieu où le rapport de la musique à l’image est particulier, je suis polyvalent, mais je peux avoir du mal à répondre à des directives précises et sur commande, je veux toujours faire de la musique pour la musique.

Merci beaucoup Hugo !

Post Your Thoughts