Interview: Clio

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Clio est depuis maintenant quelques années un artiste montant de la scène électronique, avec des signatures sur des gros labels comme Snatch!, Saved, Metroline ou plus récemment les deux labels d’Adam Beyer : Drumcode et Truesoul. Ses productions oscillent entre techno, tech house et house tout en gardant une patte musicale distincte. À l’occasion de son passage au Lärm de Valenciennes le 30 décembre avec Bambounou, nous avons eu la chance de pouvoir échanger quelques mots avec lui. Interview.

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Tu joues d’ici quelques jours au Lärm de Valenciennes, une première pour toi dans le Nord ?

Oui ca sera une première fois pour moi en tant que Dj dans le Nord. J’ai eu l’occasion de passer par la région pendant des vacances et j’en garde un bon souvenir… Je suis vraiment curieux de voir le lieu et le public.

Déjà eu l’occasion de partager les platines avec Bambounou ? Que penses-tu de lui ?

Ca va être la première fois que je joue à ses côtés. Je connais sa musique à travers le label 50Weapons, et je me rappelle avoir vu aussi un petit documentaire sur lui.

Je pense que je vais apprécier ce qu’il joue et suis vraiment curieux de voir ce qu’il va faire !

Nous avons cru lire quelque part que tu viendrais du monde du graffiti à l’origine, peux-tu nous en parler ?

Ça a commencé pour moi un peu avant les années 2000, je m’amusais à griffonner sur les tables du lycée. Puis de fil en aiguille et au gré des rencontres, je me suis retrouvé embarqué à Montpellier où j’ai pu peindre mes premiers trains et voies ferrées avec le groupe « C4 »… On partait souvent peindre dans les dépôts du coin. D’ailleurs je me souviens avoir peint dans le dépôt de Lille en 2003, c’était comme ca que j’ai découvert votre région en quelque sorte ! J’ai pu peindre aussi quelques métros pendant cette période, notamment ceux de Barcelone, Londres, Paris, Marseille, Rotterdam, New York.

Raconte-nous comment s’est faite ta rencontre avec la musique électronique. Qu’est-ce qui t’a poussé à produire et pas simplement écouter ?

Le gros coup de cœur c’était en 2001 quand j’ai plus ou moins découvert les afters du fameux Bar Live. J’y entendais de très bons morceaux, le warm-up était ce que je préférais, même s’ils ne commençaient qu’à 5h du matin. J’ai passé beaucoup de weekends là-bas à parfaire mes connaissances musicales, via « Cebb », le Dj résident du club.

Pour ce qui est de la production, j’ai commencé à me pencher dessus vers 2008, après avoir arrêté de faire du graffiti.

C’était aussi un peu un challenge personnel car je voulais plus ou moins faire quelque chose de différent de ce que j’entendais à l’époque.

Ça m’a pris vraiment 2 ans de boulot pour commencer à envoyer ma première démo et de là tout s’est enchainé.

Quelles sont tes influences de jeunesse ? Jouent-elles encore un rôle dans tes productions actuelles ?

J’ai grandi en écoutant de tout, que ce soit de la funk, soul, r&b, jungle, dub, hip-hop américain et français, de l’ambient, de la dance etc. Je ne sais pas si ca a eu une grosse influence sur mes tracks, mais l’un de mes prochains titres sur Snatch! reprend une mélodie assez old-school, très inspirée de cette période-là justement.

Aujourd’hui, on définit ta musique comme une Tech House qui groove avec parfois des influences Techno mais aussi des penchants mélodieux. Es-tu d’accord avec ça ?

Oui, plus ou moins d’accord, sauf sur le terme « groovy »… Je dirais plutôt « funky ».

Certains puristes critiquent assez violemment la Tech House d’Ibiza, la jugeant trop linéaire et pas assez subtile ou encore « facile » à produire, que leur répondrais-tu ?

Je peux comprendre… Après il y a peut être différentes façons d’aborder le sujet. D’abord, il faudrait savoir de quels « puristes » on parle… Personnellement, je n’aime pas forcément ce terme, ça fait un peu « le mec qui sait tout sur tout ».

Deuxièmement, quand j’écoute certains tracks dans la vague « minimale roumaine » du moment, je me dis que mis à part les drums et le groove, il n’y a pas grand chose d’autre. Pas mal de tracks sans âme donc, mais j’imagine qu’il doit y en avoir quelques-uns de bons aussi… Tout dépend de la sensibilité de chacun.

Tu as signé plusieurs sorties en format vinyle, notamment sur Truesoul et Drumcode, est-ce que c’est un format avec lequel tu mixes ?

Pour être tout à fait honnête, je ne joue pas sur vinyle, non pas parce que je ne sais pas les caler, mais je préfère Traktor qui me permet de me focaliser davantage sur la musique, tout en étant sûr que rien ne risque de se décaler… C’est comme ça que je fais depuis des années et je n’ai pas encore l’envie de changer.

En parlant de matos, peux-tu nous décrire un peu ton studio à Berlin ? Quels instruments utilises-tu ? Quel est ton favori ? Plutôt analogue ou digital ?

Alors pour le coup, il consiste de trois fois rien. Une paire de monitoring, une carte son externe reliée à mon ordinateur, et je produis avec Ableton Live 9. J’utilise beaucoup les VST de Native Instruments. J’ai pu en collectionner un bon paquet en passant par le forum sur leur site, et je ne m’en suis jamais lassé. J’aime beaucoup « Reaktor5 », les plug-ins d’effets « Waves », « SPL », mais aussi les émulations du Jupiter 8 chez Arturia, « Tone2 – Gladiator » etc. Pas d’analogue pour le moment, ça ne m’attire pas plus que ça.

Quels projets as-tu en cours ? Bientôt un album ?

Pour l’instant je peaufine mon prochain EP qui sortira sur Snatch! courant 2017 et je viens tout juste de finir ma nouvelle démo, je dois avoir à peu près une bonne dizaine de tracks à envoyer.

Pour ce qui est de l’album, je trouve que le format est toujours le même depuis quelques années et je ne suis pas encore sûr d’avoir encore trouvé le bon label qui m’accorderait plus de liberté artistique pour me laisser faire ce que je veux vraiment… J’y pense de temps en temps mais c’est encore bien trop tôt dans ma carrière.

Y-a-t-il un label que tu admires depuis toujours et sur lequel tu aimerais vraiment signer ?

Alors pour le coup ça n’aurait sûrement aucun rapport avec les labels avec lesquels je travaille d’habitude, mais j’avoue que Soma ou Kompakt… ça serait plutôt classe.

Une collaboration que tu rêverais de faire ?

J’aime beaucoup ce que fait Reset Robot depuis quelques années déjà, je le trouve vraiment fort dans ce qu’il fait.

Aujourd’hui tu es basé à Berlin. Si tu étais forcé à changer, dans quelle ville poserais-tu tes bagages et pourquoi ?

Avant de venir à Berlin, je voulais m’installer plutôt à Amsterdam…mais si je devais quitter la ville aujourd’hui ça serait sûrement pour le sud de la France, d’où je suis originaire.

Où était ta meilleure date ? Pourquoi ?

Je pense que c’était au Ritter Butzke (Berlin) cet été… J’ai du faire l’opening de la deuxième salle, ça s’est rempli bien plus vite que prévu, et le public était parfait et réceptif. C’était au lendemain de l’attentat de Nice, donc je n’avais pas vraiment le moral, mais j’y suis allé quand même.

On t’a vu jouer à des festivals comme à l’ADE il y a un an, tu préfères jouer en club ou en festival ?

En festival c’est toujours cool parce que tu joues sur des grosses scènes et il y a beaucoup du monde en général. Mais je préfère quand même l’ambiance plus intimiste des clubs, où tu peux jouer vraiment face à ton public et ne pas être obligé d’envoyer que du bois…

Quel est le dernier EP que tu as acheté ? Quel est ton préféré de tous les temps ?

Je n’ai pas acheté d’EP depuis quelque temps car j’ai reçu pas mal de promos ces jours-ci. Le dernier en date est un track de Vonda7, qui s’appelle « Tel Aviv », sorti sur Second State.

Et je n’ai pas vraiment d’EP préféré pour ainsi dire, mais le top du top niveau track pour moi c’est « Play the Game » de Kenny Hawkes (R.I.P)… Indémodable.

Un son que tu as toujours rêvé de passer mais que tu n’as jamais pu ?

« Currosaty », de Masomenos… Le track est trop fou!

Une pépite pour renverser un dancefloor ?

Le track « K314 » de Dubspeeka, sorti sur Truesoul… Magnifique.

 

 

Merci pour ton temps et tes réponses, on espère de te croiser régulièrement dans le Nord!!

Lien vers l’événement ici.

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