Interview : Black Mirrors à Dour

Black Mirrors à Dour : on a écouté, on a aimé, on les a interrogés.

Il est 13 :30 à Dour et c’est au groupe Black Mirrors que revient les honneurs d’ouvrir la Cannibal Stage. Pendant une demi-heure les rockers belges livrent une prestation réussie devant un public conquis. Nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Marcella et Pierre, respectivement chanteuse et guitariste du groupe:

Alors comment c’était d’ouvrir la Cannibal Stage à Dour ?
Marcella : C’était très excitant pour nous et en même temps il y avait pas mal d’appréhension vis-à-vis du public parce qu’on commençait tôt, et puis si on allait réussir en une demi-heure à donner assez d’énergie et à montrer ce qu’on sait faire. En fin de compte ça s’est vraiment super bien passé, on a pu jouer 7 ou 8 morceaux, et malgré l’heure le public était là. C’était vraiment incroyable.

Si c’était à refaire ?
Marcella : On signerait avec nos quatre mains sans hésiter ! Dour c’est vraiment une expérience unique on espère y revenir très bientôt.

On a senti beaucoup d’énergie quand vous jouiez à Dour, qu’est-ce que vous recherchez quand vous montez sur scène ?
Pierre : Donner le plus d’énergie et de vie dans notre musique et la partager entre nous et avec le public. La scène est un endroit magique et quand on monte dessus on veut juste donner notre vie.

Marcella, Sur scène et sur la pochette du single « Funky Queen » tu as une sorte de déguisement indien, c’est en lien avec votre musique ?
Marcella : Non pas vraiment, c’est un masque, ça permet de s’extérioriser et de rentrer dans la peau d’un nouveau personnage, comme ça je peux tout donner une fois sur scène !

Votre dernière découverte/trouvaille musicale ?
Pierre : Samedi à Dour, on a découvert JC Satan, un groupe Bordelais, qui fait du psyché/garage/grunge bien bordélique et bien sale. C’était énorme, on a pris une grosse claque dans la gueule.

Des rockers Belges ce n’est pas tous les jours qu’on en voit, vous arrivez à rencontrer un public ?
Pierre : C’est vrai que le rock n’est pas le style le plus populaire en Belgique, en tout cas en Wallonie. Bien sûr il y a des amateurs et des médias rock mais le genre reste un peu en retrait comparé à d’autres publics. Mais c’est pas grave, on vient pour jouer notre son, et c’est ce qu’on aime !

J’ai vu que vous aviez régulièrement des dates aux Pays-Bas, c’est différent là-bas ?
Pierre : On tourne pas mal là-bas grâce à notre booker, c’est vrai que là-bas le public n’est pas le même. La culture du rock est probablement plus ancrée chez eux, on voit par exemple souvent des parents amener leurs enfants à nos concerts et on trouve ça super.

On vous attend avec impatience en France en tout cas.
Marcella : Ce sera avec plaisir !

Comment définiriez-vous votre musique ?
Pierre : Notre musique est une combinaison de son et rythmique garage-rock voire stoner et des guitares plus psychédéliques et mélodiques avec une voix puissante, mélodique et féminine. Le blues, ou en tout cas les musiques dérivées du blues, ont aussi une grande influence sur notre musique. Un peu comme si les Queens of the Stone Age faisaient une jam avec Radiohead et Janis Joplin.

Quelles sont vos influences musicales ?
Pierre : Il y en a plein. Le stoner/desert-rock avec Kyuss, Colour Haze, les Queens of the Stone Age, les puristes diront que ce n’est pas du stoner et c’est vrai! Mais je les assimile quand même à cette grande famille là. Le rock old-school, Led Zep, Hendrix, Janis Joplin, Pink Floyd… Le revival blues-rock/garage, Radio Moscow, tout ce qu’a fait Jack White, les vieux Black Keys, Rivals Sons… Et puis des choses plus étonnantes qui se retrouvent dans ce qu’on aime, Radiohead, Massive Attack.

Avec quel artiste aimeriez-vous collaborer ?
Pierre : John Bonham mais il est mort… Dans les gars encore en vie « Grand jojo » peut-être! Non pour être sérieux et en rêvant un peu, j’ai envie de dire Josh Homme ou Jack White mais ça serait peut-être trop dans notre style pour faire quelque chose de vraiment créatif. On aimerait peut-être aller plus dans nos retranchements, faire un truc un peu différent donc ma réponse finale est Tinariwen, un super groupe de blues du désert. Ils viennent du Mali et ont une histoire complètement dingue. Allez voir. Ils se sont barrés à Joshua Tree (là où le stoner est né) parce que c’est le bordel chez eux.

Votre album sort bientôt, que pouvez- vous nous en dire ?
Marcella : On avait déjà sorti en EP en février 2014, mais là c’est différent c’est notre tout premier album. Il y a 12 titres en tout dessus, en soi l’enregistrement est terminé depuis décembre, mais vu qu’on l’a enregistré live le mix prend beaucoup de temps pour qu’on ait la qualité espérée. On a vraiment mis beaucoup de matière puisqu’il retrace nos 2 dernières années, on avait même 17 titres mais il a fallu faire une sélection. On ne sait pas encore quand il sortira par contre.

Vous pensez déjà au prochain album ?
Pierre : Plus que ça on a déjà commencé à composer, on a des titres sur lesquels on travaille et que l’on teste ensuite en live pour voir les réactions du public. Le prochain album restera dans la lignée de ce qu’on fait actuellement, ce qu’il y aura de nouveau c’est que Nicolas notre nouveau batteur pourra composer lui-même ses partitions puisqu’il a remplacé l’ancien juste avant l’enregistrement.

Pourquoi le nom Black Mirrors ?
Pierre : Ça vient d’une série anglaise du même nom qui montre comment la technologie peut changer petit à petit notre monde, les gens s’écartent les uns des autres et finissent par ne plus communiquer.

Est-ce l’une de vos craintes ? Si oui est-ce qu’on peut la lier au monde de la musique ?
Pierre : C’est une de nos craintes oui clairement… Quand tu vois ce qui se passe avec les réseaux sociaux, la réalité virtuelle, l’addiction de certaines personnes à leur smartphone, Pokémon Go… Ce monde virtuel nous flippe un peu. C’est devenu un peu un lieu commun, mais tous ces moyens de communications virtuelles, nous déconnecte de plus en plus de vraies rencontres humaines… En même temps, on est dedans aussi malgré nous… On veut pas se poser en juge extérieur d’une situation à laquelle on ne participe pas… On observe le truc, on le vit mais ça craint. On peut tout à fait lier ça avec le monde de la musique pour lequel le net, que ça soit au niveau de la vente, du téléchargement et de la communication est devenu indispensable. C’est super utile, clairement on ne peut plus faire sans maintenant.

Pour en savoir plus sur Black Mirrors.

 

Thibault

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