Interview : Atili Bandalero

Atili Profil

Invité par le Père Noël Est-Il Un Rocker dans le cadre de la soirée Reggae, Atili Bandalero a parfaitement lancé la soirée en proposant un set riche dévoilant tout l’étendue de son univers. Le français de 33 ans, frère de Biga Ranx, s’est lancé dans la musique il y a plus de dix ans, entre ses débuts de selecta et son premier album paru en 2014, il nous raconte son parcours, ses influences et ses projets à venir.

La Nordisque : Salut Atili, alors pour commencer est-ce que tu pourrais te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas forcément ?

Atili Bandalero : Salut, je m’appelle Atili Bandalero, producteur de skank music, plus largement de musique influencée par le reggae. Je fais des trucs qui vont du hip hop à l’électro. En fait, je fais en fonction de ce que j’aime bien.

Tu es content de l’accueil que tu as reçu ce soir?

Lille c’est toujours un plaisir, j’étais déjà passé avec Biga, et avec mon sound system dans un tout petit bar spécialisé dans le reggae.

Toi et ton frère Biga Ranx vous êtes de Tours c’est ça ?

Yes exact, mais maintenant j’habite à Bayonne.

Qu’est-ce qui t’a amené à Bayonne ?

Avant toute chose le soleil et le mode de vie.

Concernant tes tournées, où joues-tu le plus ? Principalement en France ou également en Europe ?

Je joue rarement vers chez moi, on tourne pas mal, en France notamment. J’ai fait quelques dates au Mexique et je suis aussi allé jouer au Québec et en Allemagne.

Atili Superstar

Si tu ne te sens pas que dans un seul genre, quels sont les artistes ou les styles qui t’influencent ?

Le premier nom qui me viendrait ce serait Stand High Patrol, à coté de ça j’adore Travis Scott ou Young Thug, des mecs comme ça, c’est vraiment large. J’essaie de vivre avec mon époque.

Justement qu’est-ce qui a changé entre le Atili du début de ta carrière et celui d’aujourd’hui ?

J’étais un gars totalement sectaire des sound systems, c’est pas plus compliqué que ça.

Qu’est-ce qui t’a convaincu de te consacrer entièrement à la musique ?

Je sais pas… Peut-être parce que je suis un sale gosse pourri gâté et que je veux faire que ce dont j’ai envie. J’ai du pousser un peu mais on m’a toujours encouragé. Après ça a été une longue galère sans argent et tout ce que vous pouvez imaginer.
Mais depuis quelques années je me suis mis à faire de la musique, alors que je n’étais que DJ de base, selecta comme on dit. J’ai pris pas mal de temps pour apprendre c’est sûr, mais là ça doit faire six ou sept ans que je me suis lancé dans la production.
Ça a pris de l’ampleur et aujourd’hui je me sens plus légitime. Ce qui ne veut pas dire qu’un selecta ne l’est pas, mais personnellement j’avais envie d’aller plus loin.
J’ai fait aussi 8 ans de radio sur Radio Béton à Tours, et quand t’as mixé un milliard de tracks à un moment t’as envie de faire ton propre son.

J’ai remarqué que tu avais fait pas mal de remix. Comment tu fonctionnes ? Soit tu écoutes le son d’un pote et tu le sollicites, où les artistes te proposent de les remixer ?

On me propose régulièrement et souvent je refuse. Ce qui fait que je dis oui, c’est le charme d’une chanson surement, ça marche au kiffe avant tout. Si j’arrive à m’imaginer quelque chose qui me plait tout de suite j’y vais, sinon j’y vais pas.

Tu travailles régulièrement avec d’autres artistes, par exemple, sur ton dernier album il y a une dizaine de feats différents. C’est important pour toi de varier autant les collaborations ou c’est un hasard ?

Je trouve que ce serait super triste de se limiter à un seul chanteur, une seule vibe. J’ai tellement de choses en tête qu’un chanteur ne pourrait les transmettre à lui tout seul.

En général c’est toi qui a une instru et tu penses à un chanteur ou ce sont les chanteurs qui viennent vers toi avec des textes ?

Ça va dans tous les sens en fait. Parfois on me donne un texte et je travaille derrière. J’ai beaucoup fait ça à mes débuts. Pour mon album à venir, je suis venu avec un pack d’instrus que j’ai donné aux artistes en leur disant « Vas-y fais moi quelque chose ».

Il y a déjà une date de sortie de prévue ?

C’est vraiment un album que je ne sortirais que quand je serais complètement satisfait. Avant j’étais beaucoup dans le rush. Tu fais plein de prods, tellement que tu te retrouves avec un paquet de choses sur les bras, que t’as pas sorti mais qui sont bien quand même, alors t’en fais une compil, t’en fais un album… J’ai souvent marché comme ça.
Cette fois je vais prendre mon temps : au début j’ai fait une quarantaine d’instrus, j’en ai choisi 12, finalement j’en ai gardé 5. Je vais refaire comme ça jusqu’à ce que j’ai à mes yeux la crème de la crème.

Est-ce que tu composes forcément en te disant « il y a un mec qui va chanter dessus » ou parfois tu crées des instrus seules ?

Justement, sur mon prochain album il y a un featuring avec Panda Dub qui va être dans ce style là, un style instrumental que j’adore d’ailleurs, j’en écoute beaucoup.

MC Atili

Quelle relation as-tu avec ton frère ainsi qu’avec tout le groupe avec qui tu vis actuellement ? Vous êtes souvent sur les mêmes dates.

C’est tous des potes ou la famille. Biga tourne toujours avec moi, mais de mon côté je me retrouve aussi pas mal en solo. C’est vrai qu’avec la famille c’est toujours plus cool, on est pas tous élevés pareil, donc quand t’arrives avec des gars que tu ne connais pas du tout il y a une période d’acclimatation, c’est forcément pas la même chose.

Y a-t-il des moments où tu te consacres plus à la production, au live ou au contraire ça s’entremêle ?

Tous les jours je fais du son, que ce soit dans les transports, à l’hôtel. J’ai pas de dimanche et j’ai pas de vacances, ça fait quelques années que c’est le cas. Après quand je pars en tournée j’ai l’impression d’être en vacances. Donc en vrai je pourrais aussi dire que je suis tout le temps en vacances ! Ca a été une longue galère mais maintenant que j’y suis, c’est le kiffe.
J’ai toujours en tête le fait que j’ai galéré pour en être là, et que d’un jour à l’autre ça peut aussi très bien s’arrêter. Ça te met une pression constante.

Si tu n’avais pas été musicien qu’est-ce que tu aurais aimé faire ?

Avant j’étais ébéniste pendant quelques temps, j’aurais donc continué là-dedans. Maintenant je suis là où je voulais être et je vais tout faire pour y rester.

Eh bien c’est tout ce qu’on te souhaite, merci à toi pour le temps que tu nous as accordé !

Merci à vous la Nordisque et merci au Perno, à très bientôt c’était Atili !

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