« I Feel Love » Donna Summer, la chanson qui a marqué l’histoire

Donna Summer meurt le 17 mai 2012. Elle laisse derrière elle une quantité affolante de tubes, parmi lesquels « I Feel Love ». Sorti en 1977 « I Feel Love » a traversé les âges depuis près de 40 ans pour devenir l’un des morceaux de référence de l’italo disco.

L’aventure commence lorsque les producteurs Pete Bellote et Giorgo Moroder décident de composer « la chanson du futur ». Pete Bellote est un producteur et parolier anglais. Mais l’histoire se souviendra surtout de Giorgio Moroder. L’italien a commencé sa carrière comme musicien avant de se tourner vers la composition. S’il a travaillé avec de grands noms tels que Bowie, Freddie Mercury ou encore plus récemment Daft Punk, c’est avec Donna Summer qu’il connaîtra ses plus grands succès.

Giorgio Moroder

Tous les deux travaillent à Munich dans le légendaire studio Musicland Studios, qui a notamment vu passer Led Zeppelin ou Queen. Même en son temps, le studio était emblématique, seuls quelques initiés y avaient accès. C’est là que le tube « I Feel Love » sera composé et enregistré à l’aide d’un instrument novateur pour l’époque : un synthétiseur, plus particulièrement un Moog Modular 3P.

En effet, Gorgio recherchait le « son du futur ». Il a pour cela écouté de nombreuses musiques – y compris des bandes originales de films tels que Star Wars – en vain. Il décide alors de créer cette musique, et quoi de mieux qu’utiliser l’instrument du futur : le synthétiseur.

Toutefois, plusieurs problèmes se présentent. D’une part les synthétiseurs des années 70 n’ont pas l’ergonomie de ceux d’aujourd’hui. Ils ressemblent à de grosses machines avec pleins de boutons dont personne ne connait l’utilisation. Ils sont ainsi réservés à quelques experts. Eu égard de la complexité de la machine, il fait appel à Robby Wedel – alors assistant ingénieur de Eberhart Shoener, un compositeur classique – qui deviendra le « héros caché » d’un tube légendaire. D’autre part, le Moog Modular 3P se désaccorde régulièrement. A chaque enregistrement le compositeur était dans l’obligation de le ré-accorder plusieurs fois, ralentissant ainsi l’avancement. S’ajoute à ces désagréments un problème de rythme. Giorgio a donc dû faire appel au batteur Keith Forsey : seul élément humain du morceau.

Giorgio Moroder ne le sait pas encore, mais c’est l’utilisation du synthétiseur pour un tube disco qui va démocratiser cet instrument.

Enfin, c’est à Pete Bellote que revient la lourde tâche de trouver des paroles pour « le son du futur ».

I Feel Love

En 1977, ils enregistrent en une prise le morceau avec Donna Summer. Aucun des protagonistes n’imagine alors l’impact qu’aura ce morceau sur toute la musique dance electronique que ce soit sur la disco, l’italo-house ou encore la techno. Ce n’est que dix mois après sa sortie qu’ils se rendent compte de l’ampleur du son comme en témoigne Moroder : « Dix mois plus tard, on pouvait entendre la même ligne de basses sur d’autres titres. Je dois dire, c’est assez dur de trouver un titre dance music de nos jours qui n’ait pas un peu de la basse de ‘I Feel Love’. Même si vous ne l’entendez pas, souvent elle est bien là et il est même assez difficile de ne pas l’utiliser. »

Même les plus grands DJ reconnaissent que « I Feel Love » est le son du futur. Nicky Siano, pionnier de la dance music au début des années soixante-dix et propriétaire du mythique club The Gallery a même déclaré : « J’ai pris mon souffle et j’ai mis la grosse galette sur ma troisième platine. J’ai collé mon oreille à l’écouteur en m’attendant à entendre la production habituelle de Summer/Giorgio. Mais ça n’avait rien à voir. J’ai entendu une ligne de synthé syncopée, plus fraîche que tout ce que j’avais entendu ces dernières années. Ce n’était pas juste un nouveau titre, c’était un nouveau style de production. J’ai fait confiance à mon instinct et je l’ai passé. C’est très rare de voir la foule danser sur un titre avec autant d’enthousiasme dès la première écoute. La salle a explosé et j’ai fait l’expérience d’un son qui allait changer les titres club pour toujours. »

Aujourd’hui encore, le morceau fascine et est régulièrement passé par les plus grands DJs dans les plus grands clubs.

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