Capture d’écran 2016-01-03 à 14.31.11Récemment, nous avons eu la chance de nous entretenir avec les membres du collectif Gaazol. Alors qu’ils nous ont réservé deux beaux événements coup sur coup avec la venue du duo Vynil Speed Adjust à l’Australian / Café OZ (6 décembre) et Barac à la Relève (14 Novembre).

Avant toute chose, pourriez-vous vous présenter individuellement puis nous présenter votre collectif Gaazol ?

Blender : Je m’appelle Axel, j’ai 22 ans et je suis étudiant en publicité. J’ai commencé le mix il y a 6 ans comme un peu tout le monde sur Virtual DJ, mais l’envie de produire s’est rapidement fait sentir : un an après je me suis lancé sur Fruity Loops, logiciel que je n’ai d’ailleurs jamais quitté ! Avec GAAZOL, on voulait créer un concept d’évènements exclusivement dominicaux car le créneau n’était pas encore exploités à Lille, c’est donc par là que nous avons commencé dans le quartier de Wazemmes. Petit à petit, diverses demandes nous sont parvenues et cela nous a poussé à nous développer autrement, il a fallut se diversifier. Nous n’oublions pas pour autant ce créneau du dimanche après-midi/soir qui nous tient à cœur; ce pourquoi nous avons invité Vinyl Speed Adjust le 6 décembre au Café Oz à Lille.

Molek : Je m’appelle Corentin, j’ai 21 ans. J’étais en licence d’éco-gestion (cursus que je n’ai pas achevé mais pas abandonné), je travaille à La Relève depuis 2 ans en tant que Barman et j’ai aussi été D.A d’une plage privée en Albanie l’année dernière (où Axel est venu jouer d’ailleurs).

Yamos : Yamos, DJ depuis une petite dizaine d’années, influencé par la House, j’ai lancé mon premier concept à At the villa en 2012. J’ai enchainé plusieurs clubs avant de lancer Gaazol avec mes compères Axel et Corentin. Cela fait maintenant 8 mois que le concept est lancé et nous grandissons à grands pas !

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Je trouve toujours intéressant de comprendre d’où viennent les artistes, dites-nous comment vous êtes-vous construits musicalement ? Et où avez-vous construit votre culture club ?

Blender : Un pote faisait des podcasts et avait des petites platines Gemini chez lui, je trouvais ça assez cool à l’époque et j’ai voulu essayé. J’ai tout de suite accroché.
Il y a 8 ans j’ai donc trouvé ma première inspiration avec les podcasts ZeMixx de Joachim Garraud, c’est là que j’ai vraiment ressenti l’envie de mixer pour la première fois; et puis comme tout le monde, mes goûts ont évolués avec les années. Ma culture clubbing a commencé en Belgique, notamment à l’H2O de Pecq. À l’époque, quand tu avais 16 ans et que tu voulais sortir, aller en Belgique restait la meilleure solution…

Molek : Cela fait 4 ans que je mixe, j’étais beaucoup plus branché House à ce moment là. Au niveau prod ça ne fait que quelques mois que j’ai attaqué Ableton. Ma première référence club a été l’H2O, la fameuse white room, comme beaucoup de personnes de ma génération. Il n’y avait pas cette effervescence actuelle sur Lille il y a quelques années alors comme des grands on prenait la navette et on allait taper du pied, il y avait une vraie ambiance ! Au delà des très bons résidents, on y a vu Dj Sneak , Hector Moralez, Phil Weeks, Green Velvet et j’en passe, à 16 ans on était dans le vif du sujet.

Yamos : J’ai eu l’occasion d’être épaulé dès mon plus jeune âge par de bonnes personnes, notamment DJ Adolphe. Nous avons travaillé ensemble pendant longtemps avant de commencer réellement dans le domaine.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer ce collectif ?

Blender : Ça faisait longtemps qu’on voulait créer un collectif. On est une bande de potes où presque tout le monde mixe, mais où personne n’arrivait à faire vraiment le premier pas. C’est avec Molek que nous avons alors commencé à s’y mettre à fond, sachant qu’on pouvait compter sur notre réactivité et notre envie commune. Nous avons ensuite tout naturellement proposé à Yamos de se joindre à l’aventure, et il a directement accepté.

Molek : On est une bande de copains dans laquelle beaucoup mixent depuis un moment ( Adema , Thibbv, Air/L …). Il y a 3 ans William a récupéré une cave de Massena par le biais de Dj Adolphe (résident At the villa à l’époque) qu’on a rénové tous ensemble et où nous avons installé un système son et des platines, on était une trentaine à l’apéro toutes les semaines, parfois beaucoup plus même, c’était vraiment sympa ! On avait tous des petites dates par ci par là, individuellement… et nous nous sommes lancés ensemble il y a maintenant 7 mois. On avait surtout envie de faire découvrir des artistes qui nous tenaient à cœur. Avec le recul je pense qu’on a bien fait d’attendre car nous sommes plus « matures » maintenant.

Yamos : Nous avons constaté un sérieux engouement pour la musique électronique dernièrement. Lancer une structure solide avec des potes a été le moyen de nous exprimer.

Quel est le but recherché derrière GAAZOL ? Organiser des soirées de plus en plus grosses, devenir un label…?

Blender : Nous avons pas mal d’idées en tête pour développer GAAZOL. On a pas mal de soirées qui arrivent, un ‘Various Artists’ avec des artistes locaux qui sortira en janvier, des podcasts… Bref, pour l’instant, on essaye de faire plaisir aux gens tout en s’amusant. La suite viendra donc d’elle-même, de façon naturelle.

Yamos : Voir plus gros évidemment, on lance le premier EP d’ici quelques mois avec des artistes locaux. Vous en saurez plus prochainement…

Quel lien entretenez-vous avec la boîte de nuit La Relève ?

Blender : Molek est barman et résident le jeudi soir à La Relève. Quant à moi, je connais bien Edward et Romain, depuis qu’ils m’ont vu mixer pour le Nouvel An au ‘Townhall’, ils m’ont proposé de faire un essai chez eux. En tout j’ai du mixer 2 ou 3 fois en solo et 2 fois avec le collectif dans leur club.

Molek: Je travaille à La Relève, et je suis aussi ami avec les patrons Edward et Romain. Quand on a lancé Gaazol c’est tout naturellement que nous avons collaboré avec eux comme pour la Fête de la musique (où nous avons proposé 17h de son non-stop). Ils nous ont aussi invité au complet en rentrant des vacances !

En tant que jeunes acteurs de la musique électronique, quel regard portez-vous sur l’industrie musicale qui a connu de sacrées révolutions ces dernières années ?

Blender : Je ne peux que me réjouir de toutes ces évolutions, et j’avoue avoir du mal à comprendre les gens qui restent bloqués dans le passé. J’aime découvrir les nouveautés qu’offrent cette industrie tant au niveau de la distribution que de la performance.

À titre personnel, pensez-vous qu’il vous sera possible de vivre uniquement de votre musique ?

Blender : Bien sûr, je pense que tout DJ espère un jour pouvoir vivre de sa passion. Mais j’essaie de rester réaliste. Je continue mes études que j’essaie de rapprocher au maximum de l’industrie musicale, puisque j’essaye de réaliser tous mes stages dans ce domaine. Par la suite, j’aimerais vraiment avoir un rôle important dans un label ou un festival par exemple.

Molek : C’est le rêve de tout DJ, comme le dit si bien Axel, de vivre de sa musique mais le travail est immense, j’en suis loin. Ce milieu me plait et a beaucoup de facettes dans lesquelles s’épanouir, pour l’instant je pense surtout à finir mes études.

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Pensez-vous que la prolifération des Djs grâce à internet, peut-être à la hype du moment, est une bonne chose pour la musique électronique en général ?

Blender : Je ne pense pas que la prolifération des DJs soit due à une hype… Comme je l’ai dit tout à l’heure, cela fait 6 ans environ que je mixe et j’ai toujours vu beaucoup de gens se mettre à mixer. Je ne pense en aucun cas que ce soit une mauvaise chose dans le sens où, plus il y a de DJs, plus on a de chances d’avoir des soirées/évènements sur Lille, c’est ce que l’on souhaite tous non ?!

Molek : Je pense qu’avec la quantité de festivals et d’événements indépendants qui prolifèrent depuis quelques années, il est normal que de plus en plus de gens s’intéressent à la musique dite plus « underground » et donc que beaucoup s’y essaient.
Lille est à proximité de Bruxelles et Paris, deux très grosses villes qui développent de plus en plus la vie nocturne, les effets commencent à se faire sentir à Lille. D’ailleurs, si il n’y avait pas cet « effet de mode » récent les salles ne se rempliraient pas autant.

J’ai la sensation à bien des égards, que nous assistons à une uniformisation de la musique électronique que ce soit sur les productions, ou sur les line-ups des gros festivals où l’on voit souvent les mêmes artistes bookés, qu’en pensez-vous ?

Blender : C’est sûr que si tu regardes les plus gros festivals comme l’Awakening, la Peacock ou autres, les programmations sont un peu identiques. Mais c’est normal, il ne faut pas oublier que ces festivals sont gérés par d’ « énormes » entreprises, et qui dit entreprise dit business. Néanmoins, des festivals comme le Sunwaves ou le Weather tentent de faire découvrir aux clubbers des artistes méconnus.

Molek : C’est vrai que sur les gros festivals le tronc commun est souvent le même, mais l’investissement est tellement important que c’est compréhensible. En France si tu fais un festival composé uniquement d’artistes roumains par exemple, je ne suis pas sur que tu puisses vendre 15000 tickets.

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Quel regard portez-vous sur la scène locale lilloise ?

Blender : Beaucoup de personnes pensent que nous sommes en concurrence avec les autres collectifs. Mais nous, notre leitmotiv c’est la teuf. C’est donc un vrai plaisir de voir tant de collectifs naître, chacun avec leur personnalité, ça fait bouger notre ville et on ne peut que s’en réjouir !

Molek : Comme je le disais, Lille de part sa situation géographique, est un carrefour entre 3 voire 4 capitales européennes (Londres, Paris, Amsterdam, Bruxelles) chacune avec une vie nocturne très développée… C’est un facteur très stimulant qui explique le fait que pas mal de collectifs voient le jour, et c’est une bonne chose !

Et sur les lieux où faire la fête à Lille ?

Molek : Les lieux à Lille se font très rares, on est en recherche constante – notamment pour le créneau du dimanche après- midi. Seulement les choix sont restreints et j’espère que de nouveaux lieux vont voir le jour en 2016, que la ville puisse continuer à se réinventer.

Ne pensez-vous pas qu’il y ait une volonté de la place des pouvoirs publics de sur- contrôler le monde de la nuit ? Et de détruire les initiatives personnelles ?

Molek : Il y a une certaine peur de la Mairie quand tu organises un événement qui sort du lot. Beaucoup de lieux existants sont restreints vis à vis du voisinage, la police débarque facilement… Et puis, la fête est tout de suite moins cool à 85 décibels !

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Il y a quelques semaines (le 14 novembre) vous nous avez fait une belle surprise en ramenant le DJ roumain Barac. C’était un projet audacieux quand on connaît le son roumain – ce son si particulier – on se dit que c’était une prise de risque, le public lillois étant peut-être plus habitué à la scène techno traditionnelle (Berlin, Détroit…).

Molek : C’est un artiste qu’on suit depuis un moment et qu’on affectionne. On a voulu tenter le coup et c’était top ! C’est plaisant de faire découvrir des artistes et je pense que tous les gens présents ont apprécié.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à la scène roumaine ?

Blender : Je pense que ça s’est fait tout seul. Quand tu affines tes goûts musicaux et que tu trouves le bon dosage dans ce qui te plait à vrai dire… Au départ, j’étais plus porté sur la Deep/Tech, mais dans la microhouse, j’ai trouvé ce que la Deep/Tech ne m’apportait pas, ou dans une moindre mesure: l’émotion. J’adore ce mélange entre musique club très dark mais à la fois remplie de subtilité et de sensibilité.

Vous avez déjà eu l’occasion de teuffer en Roumanie ?

Blender : Le Sunwaves nous botte vraiment, et je pense que cette année on va faire pas mal d’aller/retour en Roumanie (les vols étant peu onéreux) ce qui nous permettra de forger notre culture dans ce style musical.

Molek : Pas encore mais j’espère ne pas rater le prochain Sunwaves !

Musicalement parlant, la scène roumaine est-elle la scène la plus intéressante selon vous ?

Blender : La scène roumaine n’est pas récente, mais c’est vrai qu’en ce moment c’est ce qui nous inspire le plus. La scène Techno que tout le monde s’arrache nous intéresse moins. On ne dénigre pas ce style de musique, mais le son industriel n’est simplement pas notre tasse de thé. On préfère les productions plus mélodieuses voire psychédéliques.

Molek : J’ai l’impression que ce style est connu du grand public depuis peu, [a:rpia:r] ayant servi d’ambassadeur en quelque sorte. C’est vraiment un style à part qui est de plus en plus présent dans les gros festivals.

Mathias


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