Nicolacruz

La semaine dernière, j’ai découvert un artiste peu connu mais talentissime (cela ne se dit pas) lors d’une de mes longues sessions nocturnes sur Soundcloud. Je nomme (roulements de tambour) Nicola Cruz. La musique de ce jeune producteur andin m’a tellement plu que je me suis dis que ce serait bête de ne pas vous la faire découvrir. Quoi de mieux qu’une interview ?

La Nordisque – Salut Nicola ! Tu peux nous en dire plus sur toi ? Qui es-tu, d’où viens tu ? 

Nicola Cruz – Salut, j’habite à Quito en Équateur, et j’aime faire de la musique « Andes Infused Electronica ». La musique et moi c’est une longue histoire qui a débuté à l’âge de 12 ans quand j’ai reçu ma première batterie. Quatorze ans plus tard, le rythme me colle toujours à la peau et je continue à jouer des percussions. Ça a toujours eu une grande influence sur moi ainsi que sur ma musique. Il en est de même pour l’aspect mystique qu’offrent les percussions du monde entier, à partir desquelles tu peux vraiment ritualiser les choses.

LN – Comment en es-tu arrivé à composer de la musique ? C’est ton activité principale ?

NC – Composer m’est venu naturellement, tout d’abord en jouant des instruments, puis en enregistrant des passages, et enfin en créant des sons, ce qui est actuellement l’une de mes occupations principales. Mes journées sont consacrées à la musique, que ce soit pour mon projet, un film ou plannifier des shows. Pour le moment je travaille sur un album qui devrait être réalisé vers novembre ou décembre je l’espère. C’est mon premier album donc j’ai vraiment passé beaucoup de temps à le concevoir, là j’en suis à l’étape finale, et je pense qu’il reflète une grande partie de mon identité et de mes origines, cette « ambiance des Andes » s’il fallait lui donner un nom. Beaucoup de chants, de mélodies, de sonorités et de rythmes.

LN – Quelles sont tes influences ? Quels artistes admires-tu ?

NC – Je suis un grand fan de Karlheinz Stockhausen, un artiste contemporain qui nous a quittés. Je m’inspire aussi beaucoup de Murcof, Quantic, Roman Fluegel, Schoenberg, Phillip Glass, Julian Tucumbi, Herbert, Don Naza, Toto La Momposina ou encore Hiromi Uehara. Ce sont des musiciens qui viennent des quatre coins du monde, ce ne sont pas des genres spécifiques mais juste des artistes que j’écoute régulièrement.

LN – Certaines de tes chansons me rapellent un peu l’univers musical de Nicolas Jaar, comme par exemple ‘Down in Mexico’. Dirais-tu qu’il t’a inspiré d’une certaine façon ?

NC – Il est vrai que certains de mes morceaux peuvent sembler proches de l’ambiance de Jaar, mais c’est juste dû à une similitude avec les tempos lents que Nico a si bien réussi à établir. Je pense qu’on est très différents, d’un point de vue musical.

LN – J’ai vu que tu as joué une fois avec lui à Los Angeles en 2012 et que tu appartiens à son label Clown & Sunset. Peut-on espérer que vous soyez réunis une nouvelle fois à l’avenir pour réaliser un projet/EP/concert commun ?

NC – On a travaillé ensemble pour Clown & Sunset un temps en 2011/2012 comme tu l’as dit,  on a partagé une scène à LA et on s’est vus plusieurs fois aux États-Unis pour discuter de quelques idées concernant le label et ma musique, mais nos chemins étaient différents à l’époque, et ne se sont pas recroisés depuis.

LN – La musique sud-américaine n’est pas très connue en France. Tu pourrais nous conseiller certains artistes locaux à écouter ?

NC – La musique sud-américaine est en ce moment florissante. Il y a tellement de bonne musique et de bonnes idées qui viennent de ce continent, je pense que son apogée est pour bientôt. Pedro Canale (a.k.a Chancha Via Circuito), Dj Raff (du Chili), Siete Catorce (de Mexico), ZZK label, pour ne citer qu’eux, sont parmi ceux qui sont en train de faire la différence en restant fidèles à leurs racines et leurs origines, ce qui se ressent dans leur musique.

LN – Tu peux nous en dire un peu plus sur le collectif QTZLCTL ?

NC – Le collectif QTZLCTL est une idée musicale unifiée que je partage avec deux autres compagnons, où l’on essaye d’exposer simplement ce qu’on aime et ce qu’on trouve unique, sans aucune intention de vendre ou de devenir l’un de ces nombreux labels conventionnels qui ont rendu la musique ennuyante.

LN – Que penses-tu de l’industrie musicale aujourd’hui ?

NC – Ce que j’en pense ? On est submergés de musique, l’industrie est surchargée car il n’y a aucun filtre permettant de distinguer ce qui a de la qualité de ce qui n’en a pas. Mais une fois encore, qui suis-je pour juger de ça ? C’est juste mon opinion…

LN – Quels sont tes projets d’avenir ? As-tu l’intention de jouer en France ou au moins en Europe un de ces jours ?

NC – Eh bien, en ce qui concerne mes projets, il y a mon album (appelé Prender El Alma), et bien sûr j’adorerais jouer en France pour montrer ce que je sais faire, c’est pour bientôt ne t’inquiète pas !

Tu en veux en écouter plus ? C’est par ici.
Pauline

Catégories : Découvertes

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