MC Ride of Death Grips.

MC Ride of Death Grips.

Si tu as écouté la dernière playlist de la Nordisque consacrée à Wazemmes , tu as probablement été interpellé par un morceau assez particulier. Gros riff bien lourd et batterie qui servent d’instru rap dans un morceau déstructuré, Death Grips n’est pas vraiment facile à aborder. Et pourtant le groupe de Sacramento est probablement un des phénomènes rap les plus intéressants de ces dernières années.

Tout commence en 2011 avec la sortie de la mixtape « Exmilitary », première production du groupe. Le monde découvre alors un trio possédé, emmené par un certain MC Ride, et qui propose un rap sans aucun code de lecture, complétement incohérent. Instrus bruitistes, percussions dantesques, paroles absolument incompréhensibles, et un premier succès pour la formation, à l’image d’un « Guillotine »
absolument démentiel qui compte aujourd’hui 3 000 000 de vues sur YouTube. La machine Death Grips était lancée.

Certes, le succès du groupe ne doit rien aux fans de rap traditionnel qui ont immédiatement détesté ce que proposait les Américains, mais provient surtout d’Internet et de la section musique deDeath-Grips-3 4chan appelée /mu/, les internautes décidant immédiatement d’adouber ce groupe si particulier, comme si celui ci représentait ce côté obscur de l’internet que représente parfaitement le site (sérieusement, allez donc sur /b/ sans vomir). Jamais à court de memes et de détournements, ils décident également d’en lancer à propos de Death Grips, le groupe s’y prêtant particulièrement bien, avec une imagerie toujours plus particulière, culminant dans la pochette d’album de « No Love Deep Web« , alors même qu’ils étaient signé sur Epic, un label mondialement reconnu (attention NSFW).

Dans la liste des particularités du groupe, on citera également la fausse dissolution puis reformation, les samples de Charles Manson, ou encore l’élaboration d’un concert assez particulier au Lollapalooza, puisque le groupe n’avait en fait jamais prévu de s’y rendre, n’informant bien évidemment personne de cette étrange lubie.

Death-Grips-2

Mais Death Grips n’est pas juste une blague qui aurait mal tournée, et le groupe dispose de véritables qualités à faire valoir, à commencer par le jeu de batterie de Zach Hill, ancien batteur de math rock, et toujours présent pour martyriser des fûts. De même, MC Ride est capable quand il le veut bien de complètement emmener l’auditeur dans le fil de sa pensée avec son style haché si particulier, notamment sur « On GP », tiré de leur dernier album, où le rappeur aborde des pensées suicidaires dont on ne sait si elles sont réelles ou une fois de plus une invention de son imagination délirante, et invite les fans qu’il déteste à l’accompagner :

« Death on my front porch
Can feel him itching to take me with him, hail death, fuck you waiting for
Like a question no one mention, he turns around, hands me his weapon
He slurs, « Use at your discretion, it’s been a pleasure, Stefan » »

Quand aux influences du groupe, on pourra évoquer les parrains du noise rap Dälek, mais Death Grips emprunte en réalité bien plus au punk ainsi qu’à certaines sous-cultures musicales d’Internet, n’hésitant pas à sampler des cris de Serena Williams ou modifiant à outrance du Björk pour leur album Niggas on the Moon. Et si la première écoute de Death Grips est toujours un grand moment d’incompréhension, certains morceaux du groupe (« I’ve Seen Footage », « I Break Mirrors with my Face in the United States ») restent tellement dans la tête que le groupe reviendra petit à petit dans vos oreilles. Un véritable cancer musical, dont vous ne pourrez vous défaire, finissant vous aussi par hurler « I’m in your arena ! ». Qui sait, peut-être vous verrais-je même à un de leurs concerts, si les californiens décident d’en organiser en France et de venir ?

Côme

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