Voilà cela fait déjà un moment que je suis de près Death Grips ; l’occasion de la sortie de leur deuxième album No Love Deep Web me donne enfin l’occasion d’en parler ici :

Pendant un moment, faisons comme si l’on pouvait oublier cette pochette du meilleur goût. Tout le monde l’a en tête (si ce n’est pas le cas n’essayez surtout pas de la googler, pour votre santé mentale), tout le monde s’accorde pour en parler comme d’une blague potache, un joli coup marketing pour un groupe habitué à ce genre de provocations pas toujours intelligentes…

Pour mémoire, la pochette du précédent album :
The Money Store, Death Grips

On pourrait également disserter sur le mode de distribution : l’album a été leaké par le groupe lui-même le 1er Octobre, sans l’accord (officiellement) de leur maison de disque Epic. Tel les Radiohead du rap indépendant, Death Grips fait parler de lui facilement en contournant le circuit commercial habituel.

On pourrait aussi évoquer le rythme presque Zappa-ien de sorties des albums, The Money Store étant sorti fin avril (d’ailleurs leur concert à la villette avait été annulé pour finir le deuxième album et j’avais été dégouté sur le coup…).

Bon, si on ne peut parler ni des artworks douteux, ni du téléchargement gratuit, ni des concerts annulés et des fans écœurés, “que nous reste-t-il?” me demanderez-vous. Et bien tout simplement un LP, 13 morceaux, pour 46 minutes de rage intense.

Ce qui frappe le plus, si on découvre le groupe, c’est d’abord, le chant de Mc Ride, ou plutôt ses hurlements qui pourront rappeler la violence du B L A C K I E de Warchild par exemple. Comme sur The Money Store et sur leur première mixtape Exmilitary, les paroles sont marquées par un sentiment de paranoïa et d’urgence constante, et par une morbidité digne d’un groupe de black metal bruleurs d’églises norvégiens.

“its all suicide
you live in hiding
you’re climbing the walls no privacy
I’m trying to survive but I’m dying, die with me”
Extrait de World of Dogs

Death Grips

Zach Hill, ancien batteur du groupe de math rock Hella, participe également de cette ambiance de fin du monde. Parfois martiaux, à d’autres moments limite jazzy, souvent déstructurés, les beats sont la plupart du temps tout simplement déments !

Enfin, il y a Andy Morin, c’est lui qui fait pour moi de ce qui aurait pu être une catastrophe, un coup de génie. Car jusqu’à là, on a un MC paranoïaque et agressif, un batteur un peu geek, bref rien de folichon. Le miracle se produit lorsque Morin passe derrière son synthé et son laptop. En effet on aurait pu vite tourner en rond, mais la richesse et la diversité des samples, des basses et autres effets parviennent à renouveler à chaque fois la formule. La preuve, je les écoute toujours autant, sans m’en lasser.

Définitivement oui, ces trois-là ont encore des choses à dire, au-delà du buzz.

No Love de cet album :

En live, Guillotine, chanson de la première mixtape, représentative de la rage que le groupe peut dégager :

Crate Digger

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