Sans titre

Si vous êtes comme moi constamment assoiffés de nouvelle musique, vous avez sûrement mille et une sources d’information que vous consultez régulièrement pour vous tenir au courant. De même, si l’on devait jeter un coup d’œil sur votre téléphone, il n’est pas improbable qu’on y trouve, comme sur le mien, au moins quelques applications dédiées à la découverte musicale. Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’une de ces applications que j’utilise depuis déjà quelques mois, Cymbal. Rassurez-vous, le but de cet article ne sera pas simplement de vous présenter ce produit, si beau et si pratique soit-il, mais plutôt de réfléchir à son but : la découverte et le partage musical.

L’application répond au problème suivant. Lorsque l’on écoute de la musique en streaming, la plupart du temps, la plateforme que l’on utilise récolte des données à partir de notre historique d’écoute pour dresser un profil d’utilisateur et nous recommander des titres en lien avec notre profil. Seulement, la plupart de ces recommandations sont mauvaises : soit parce qu’elles tombent complètement à côté de la plaque en proposant par exemple le dernier single d’Iggy Azalea, soit tout simplement parce qu’elles ne nous engagent pas personnellement. Ce que je veux dire par là, c’est qu’une chanson recommandée par un algorithme a peu de valeur en soit, puisqu’elle n’engage à priori aucune émotion, aucun lien sentimental… Souvent, on ne peut juger une recommandation en ne se basant que sur la pochette d’album, et de fil en aiguille, on passe à côté d’une super découverte.

Le principe de Cymbal est de créer une plateforme de découverte de sons basée entièrement sur les recommandations des utilisateurs. Le fonctionnement de l’application est simple : l’utilisateur partage ses sons du moment en les postant sur la plateforme, puis en suivant les autres utilisateurs, il accède à une playlist constamment mise à jour par les ajouts les plus récents des autres. Un peu comme un Instagram de la musique si vous voulez, mais sans les photos de vacances de vos collègues ou le dernier repas de vos potes. Ils en parlent d’ailleurs bien mieux que moi :

https://www.youtube.com/watch?v=qdKZ2LbApS4

Plus qu’un concept sympathique, cette application soulève une question intéressante, celle de l’importance du partage dans l’expérience musicale.

Vous avez sûrement tous déjà ressenti la frustration de ne pas arriver à partager pleinement la musique que vous aimez avec les autres, soit parce que celle-ci se rapporte à une émotion ou à un moment qui vous appartient à vous seul, soit parce que la personne en face n’est pas disposée à la recevoir. Vous avez dû, comme moi, passer un certain temps à spammer vos meilleurs potes de sons dont vous saviez bien qu’ils n’auraient jamais ni le temps ni la patience d’écouter. Si cette frustration est si vivace je pense, c’est qu’elle traduit la difficulté que l’on rencontre à vouloir transmettre les émotions que nous inspirent la musique. Cette frustration souligne surtout le caractère essentiel de la musique : le plaisir que l’on éprouve à l’écouter n’est complet que s’il est vécu en communion avec les autres.

Après tout, qu’est-ce qu’un concert sinon une géante célébration de la musique, un hymne conjoint à la vie ? C’est pour cela qu’on peut souvent comparer l’expérience musicale à un moment quasi religieux, de bonheur et de communion intense. Déjà, dans ses origines ancestrales, la musique était souvent associée à des rituels religieux. La musique est aussi essentielle dans les rituels traditionnels de nombreuses cultures, ou dans l’expression de mouvements sociaux.

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Cymbal n’est pas un lieu de culte de la musique, mais agit comme une sorte de microcosme social centré autour de la musique et de notre rapport à elle, un peu comme une société miniature de mélomanes. En somme, c’est un bel exemple de la manière dont la technologie permet de rapprocher les gens autour de passions communes, et de promulguer des valeurs de partage et d’ouverture d’esprit. Le slogan de Cymbal est « Music discovery powered by friends, not algorithms » ; si je devais retenir une seule chose de mon expérience de l’application, c’est bien cette dimension de l’amitié. C’est incroyable de se dire que grâce à une application, j’ai maintenant des amis au Brésil, aux Etats-Unis, en Europe avec qui je peux discuter régulièrement de ma passion.

Votre serviteur, qui vous salue bien bas.

Cyril

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Et si l’âge d’or de la musique c’était maintenant ? - La Nordisque · 8 août 2016 à 13 h 37 min

[…] car plus faciles à partager, encore une fois grâce à la toute-puissance d’Internet. De Cymbal à Last.fm en passant par SensCritique ou RateYourMusic, il n’a jamais été aussi aisé de […]

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