A la découverte de l’abstract Hip Hop (également baptisé beat&bass).

Un nom de scène singulier pour un artiste qui n’en est pas moins. De son vrai nom Steven Ellison, cet américain est progressivement devenu le fer de lance de la scène abstract hip-hop (baptisée également beat&bass). Ses premiers essais « 1983 » et « Los Angeles » ont rapidement été concluants en hissant ce jeune homme au panthéon des artistes incontournables du 21e siècle.

Cosmogramma, Flying Lotus

Flying Lotus a crée avec Cosmogramma une chimère harmonieuse projetée au carrefour post hip-hop de la musique urbaine. Les sons qui en ressortent son tels qu’ils garantissent satisfaction a une pléiade d’aficionados, allant du jazzy man raffiné aux dubstep headbangers sans oublier les puristes hip-hop. Alors que beaucoup d’artistes cherchent à produire quelque chose de vaste et d’adaptable, Ellison, lui, fait sortir la musique de son cœur comme il le décrit « mon travail le plus honnête simplement fidèle à ce que je voulais dire ».

Ce technicien hors pair a su s’entourer de musiciens confirmés qui ont adapté leur mélodie à l’univers de Cosmogramma. On note la présence continue du bassiste Stephen « Thundercat » Brune, un des pilliers des Young Jazz Giants. Celui-ci renforce évidemment l’ouverture jazz entamée par Flying lotus. Ce dernier invite également la harpe de Rebekah Raff, le trompettiste Todd Simon et le saxo Ravi Coltrane pour ne citer que les plus connus. On croise aussi les voix de Niki Randa et l’hypnotisante Laura Darlington. Enfin, doit-on rappeler que Steven Ellison a lui-même du sang Coltrane dans les veines !

Tout ce joli petit monde s’est affairé à la naissance de l’album, véritablement avant-gardiste pour son époque. On note une attention particulière au titre « MmmHmm » qui se décrit comme une ouverture pop futuriste. Cependant l’originalité provient sans aucun doute de « Do the astral plane », un beat d’influence house underground imprégné d’une dimension soul où la trompette de Todd Simon apporte une touche de raffinement à la fin. De façon générale, le lotus volant essaye de mélanger des tonalités en incorporant des thèmes spirituels dans la musique moderne.

Le succès de Cosmogramma tient finalement de la vision surréaliste d’Ellison, et des probables influences psychédéliques qu’il tient de la West-Coast. Les clivages entre les différents genres musicaux ne sont pas respectés, c’est d’ailleurs l’une des clés de son succès. Gageons que le monde onirique de ce jeune artiste influence d’autres musiciens, ce qui est déjà le cas pour Radiohead ainsi que Kanye West qui lui ont demandé des remixes. Affaire à suivre…

Mamoun


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