Sigur Ros

Le groupe

Sigur Rós. Groupe islandais de rock progressif fondé en 1994. 6 albums studios dont leur dernier (et très bon : Valtari en 2012), 1 live INNI en 2011 (quelle claque). Faits notables, ils utilisent de façon récurrente le Vonlenska (langue inventée qui veut dire « langue de l’espoir » à une vache près) et leur chanteur Jónsi joue de la guitare avec un archet (ça c’est fait).

Le concert / Vendredi 28 février – Zénith Lille

Le Zénith est plein. Et pour cause, Sigur Rós s’est fait un nom ces dernières années et la qualité du groupe aussi bien en studio (magnifique Valtari sorti l’année dernière) qu’en live est reconnue unanimement. Je fais tout de suite la distinction entre studio et live car pour Sigur Rós on parle de deux expériences toutes différentes. A 21h, au moment où les 5 membres du groupe s’apprêtent à rentrer sur scène accompagnés de leurs 5 musiciens additionnels (violon / cuivres / chœur) je suis sur le point de le découvrir. Comme ça me semble loin déjà…

Tout d’abord la scène. Dans la lignée des lights show de Pink Floyd, Sigur Rós propose un réel spectacle visuel simplement magistral. Plusieurs fois au cours du concert, la scène évoluera, nous faisant voyager successivement dans différents univers. Je mentionnerai ces changements sous le nom de « Transformations ».

21h05, le groupe pénètre sur scène, derrière un immense rideau transparent suspendu autour de la scène. L’atmosphère est vaporeuse, on devine les ombres des musiciens prenant place sur fond d’une mélodie jouée au xylophone. Puis soudain, la batterie explose dans un éclair de lumière blanche. Des projecteurs situés à différents angles de la scène éclairent les musiciens et dessinent sur le rideau leur ombre de façon imposante. S’y mêlent des projections d’effets visuels (vagues colorées, visages ombragés, effets de craquelures) ainsi que des passages stroboscopiques qui viennent renforcer chaque accélération rythmique. On comprend alors que nous sommes engagés dans une longue et belle aventure.

La voix de Jónsi est cristalline, angélique. Ce qui contraste avec son jeu de guitare : usant d’un archet (à la façon de Jimmy Page avant lui), il produit – en fonction des cas – des grondements métalliques inquiétants ou des mélodies comme des chants de sirène. C’est ce mélange, cette sensibilité extrême qui crée cette ambiance si particulière qui vous prend et vous emporte. La musique de Sigur Rós nous fait voyager, mais c’est avant tout un voyage intérieur : elle nous rappelle nos amours perdues, nos victoires glorieuses ou encore simplement des souvenirs plus quotidiens (une ballade hivernale par une journée ensoleillée, un après-midi passé entre amis).

Toujours derrière son rideau, Sigur Rós entame Vaka. Cette chanson.  Cette intro au piano, ces violons qui accompagnent la mélodie mélancolique et surtout cette voix. Putain que c’est beau. Que c’est beau. Jónsi s’y livre tout entier, laisse sa voix s’envoler et nous conter une histoire que chacun s’invente. Et c’est au climax de la chanson, au terme de ce magnifique crescendo où Jonsi se met à nu que le rideau tombe. Transformation n°1. Nous voilà devant le groupe. Un écran géant panoramique derrière la scène se substitue alors au rideau et diffuse des montages vidéos qui accompagnent les chansons et nous racontent des histoires d’une poésie exquise (souvent reprisent sur les clips du groupe). Le public est déjà conquis, nous ne sommes plus qu’un.

E-bow. Sublime E-bow. Ce tempo lent comme un battement de cœur endormi après une bataille. Transformation n°2 : la scène s’illumine d’une trentaine d’ampoules, nues, disposées à hauteur variable, autour des musiciens. Sur l’écran, nous voyons une forêt en proie aux flammes. C’est un véritable brasier. Les chansons s’enchaînent mais le temps ne s’écoule plus. On est suspendu dans les paysages sonores oniriques créés par nos compères islandais. C’est un enchaînement de perles d’une beauté océane et l’on arrive déjà à Varúð. Transformation n°3 : au cours de la chanson, l’écran s’élève progressivement au-dessus des musiciens, accompagnant un mouvement de caméra montrant des sommets de montagnes sur lesquels sont disposés des personnages scintillants de façon accélérée, jusqu’à s’illuminer totalement. Enfin le miracle final. Með Blóðnasir. MON DIEU ! C’est une fête. Une consécration. La célébration de la fin d’une époque heureuse, la fin d’une épopée, des adieux touchants. Le public exulte. Lorsqu’alors, le groupe enchaîne avec Glósóli. Cette fois-ci, c’est l’envol (regardez le clip). L’annonce d’un nouveau jour. Le public épouse le rythme de la batterie, vibre avec la voie de Jónsi, décolle tout entier. Au niveau visuel, c’est l’apothéose : l’écran géant, les projecteurs sur la scène, le dispositif des ampoules, les stroboscopes. Un feu d’artifice.

Après Fveikur viennent les rappels. Et bon sang. Svefn-g-englar. 10 minutes d’une solennité parfaite. La coda et le refrain résonnant comme une promesse : « J’avais besoin de toi et j’aurais besoin de toi encore. Demain, tous les deux. Ensemble. » (interprétation personnelle bien sûr). Le public est en liesse. La note finale dure et dure et dure, comme si chaque personne du public avait donné sa voix à Jónsi pour que jamais cette note ne s’arrête.

Et pour ne pas nous laisser repartir sans nous avoir fait atterrir d’abord, l’ultime chanson de ce concert sera Popplagið. Une introduction calme à la guitare, accompagnée d’une batterie jouée avec des ballets. Puis c’est une escalade vertigineuse, une montée dramatique, accentuée par les violons. Et ce déchaînement de violence. Ce son. Pur et limpide. Comme si une bulle de savon éclatait 10 minutes durant, millimètre carré par millimètre carré. C’est sans doute la chanson que j’écouterais si je devais sauter en parachute de 35 km de haut, contemplant la terre depuis l’espace.

Merci Sigur Rós.

Setlist

  1. Í Gær
  2. Yfirborð
  3. Ný Batterí
  4. Vaka
  5. Brennisteinn
  6. Sæglópur
  7. Olsen Olsen
  8. E-bow
  9. Varúð
  10. Hoppípolla
  11. Með Blóðnasir
  12. Glósóli
  13. Kveikur

Encore:

  1. Svefn-g-englar
  2. Popplagið

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