Stan Smith

Si je devais retenir une chose de l’année 2012, ce serait l’angoissante nouvelle dont j’ai eu vent par un journaliste de Slate il y a quelques mois : Adidas a décidé de stopper la commercialisation de la Stan Smith, « mythe qui ne se vend qu’en France ». Nostalgie, tristesse, dépression, deuil de mon amante. Retour sur la vie d’une défunte icône.

Conception, 1960. Adidas souhaite créer une paire de basket pour les fondus de raquettes et terre battue. La firme fait appel à Robert Haillet, joueur de tennis français et dès lors, designer.

Production, 1963. Produit étonnement 100% hexagonal, c’est à Landersheim (oui, c’est bien en France) que la fabrication de la belle est lancée. Elle se prénomme alors Adidas Robert Haillet, feu blaze qui aurait, j’en suis sûr, rehausser la qualité de nombreuses proses rapologiques (« Robert Hallet, le regard froid… »).

Changement d’état civil, 1973. Avant d’être une chaussure, Stan Smith est un joueur de tennis. L’un des meilleurs à l’époque, d’ailleurs. La marque devenant sponsor officiel du joueur, l’identité nominale de la somptueuse blanche est changée. Succès immédiat, pour sportifs et feignants confondus.

Aimée, 1980 – 2012. Reggae, hip-hop, skinhead, moi-même ; la chaussure devient une figure emblématique de multiples mouvements. Déjà vendue à 22 millions d’exemplaires à travers le monde en 1990, le soulier acquiert rapidement le statut d’icône à l’instar du 501, du Big Mac, de Fessenheim.

J’ai le seum hesh, 2012. Déjà expliqué dans l’intro, c’est aujourd’hui qu’une histoire d’amour commencée à 13 ans, pour ma part, prend fin. Tant d’aventures vécues à ses côtés grâce à sa résistance à mes facéties pré et post-pubères, celle qui rehaussait mon niveau stylistique fait de jean Zara et pulls H&M (patrimoine net indécemment négatif oblige) disparaît.

« My Adidas », sur un divan couché, 70 000 paires de pieds te pleurent. Relans de houblons, vapeurs nicotiniques. Run DMC se substituant à Rouget de Lisle ; toi, vous, nous ; affectés, chantons son hymne.

 

Et tant qu’à faire…

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