rock
Aujourd’hui, je vous fais part d’une petite découverte. En 1956, Henry Cording sort un des premiers EP français de musique rock’n’roll, sous format 45 tours : « Rock And Roll », que ça s’appelle. Son directeur artistique, Jack K. Netty, rédige au verso de la pochette du vinyle une courte présentation de l’œuvre, dans laquelle il nous explique, selon lui, comment est né le rock. Et c’est épique à souhait :

 « Inventé par O. Rock et Jean Roll en 1827 à l’issue d’une longue nuit d’orage pendant laquelle onze bouteilles de whisky trouvèrent une mort glorieuse, le « ROCK AND ROLL » (intraduisible en français correct) a conquis droit de cité en Amérique depuis longtemps.Comme le chewing-gum, il constitue un exercice excellent pour les mâchoires, et c’est à ce titre que nous nous permettons de recommander le présent recueil de quatre exemples excessivement originaux de cette spécialité yankee. Chose étrange, le « ROCK AND ROLL » réussit également bien dans le traitement de l’ankylose et remplace avantageusement le 110 m. haies. C’est dire que l’on peut le chanter et le danser, à condition d’être solide.

 On s’étonnera peut-être de voir figurer en tête de cette pochette le nom d’Henry Cording. On se souvient, en effet, qu’à la suite de sa réussite de l’ascension de l’Everest à cheval, Cording avait juré de se consacrer désormais à la musique classique et, dans sa retraite d’Acapulco, composait un oratorio pour bombarde et grand serpent de mer. Arraché à sa thébaïde par l’appel du rythme et une équipe de techniciens dépêchés spécialement de Paris, Henry Cording a été trainé en avion jusqu’aux studios de New-York pour y enregistrer des échantillons de « ROCK AND ROLL » spécialement choisis pour élever l’âme de la jeunesse que trop d’ouvrages stupides détournent de ses devoirs, et qui sont l’œuvre d’un écrivain peu connu, réputé pour ses excentricités, Vernon Sinclair; les arrangements sont dus à un musicien déjà âgé, mais injustement considéré comme un classique, Mig Bike.

Que si d’aucuns s’étonnent de constater une singulière (et troublante) analogie entre la voix d’Henry Cording et celle d’un autre Henri (un certain Salvador), eh bien ! qu’ils s’étonnent, et voilà tout. D’ailleurs ce disque est étonnant à tous les égards pour se passer de commentaires, fussent-ils oiseux. 

 Jack K. Netty »

 Selon moi, la véracité et l’authenticité de cette histoire sont incontestables. On a cherché à nous faire croire que le rock venait d’un cocktail improbable de jazz, de blues et de country, aux influences aussi diverses qu’incertaines… Là, Jack K. Netty met les choses au clair et nous sort des faits, des dates, des noms…du concret quoi !

 Bon plus sérieusement, Henry Cording c’est le pseudo à la qualité douteuse qu’a choisi Henry Salvador, avec son compère Boris Vian (qui se cache derrière les noms de Jack K. Netty, ou encore de Vernon Sinclair…), pour publier ce…trésor.

Si l’histoire inscrite au recto ne semble pas très très vraie, le disque en lui-même est effectivement un des premiers EP français de rock’n’roll ! D’ailleurs, peut-être que c’est à cause de cette genèse un peu lourdingue que le rock en France est sous-valorisé, si l’on compare avec les USA et le RU ? Osef, moi je trouve que leur troll de 45 tours est bien marrant (ces gars sont des purs génies !).

rock3 Nicolas

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