Seuls les fanatiques de Soul le connaissent. Baby Huey, prodige de Richmond, ouvrait toujours ses concerts par cette déclaration tonitruante: “Mon nom est Baby Huey et je pèse 200 kg de Soul!”.

Baby Huey

Adepte à ses débuts d’un R&B réglementaire, sa Soul va vite virer psyché. Avant sa mort par overdose en 1970 (à l’âge de 26 ans: plus fort que Cobain), il a eu le temps d’enregistrer un album stupéfiant . Sa version de A Change Is Gonna Come. Nom de Dieu. Et pourtant, ce standard de Sam Cooke (l’auteur original) a été repris maintes fois et pas exactement par n’importe qui, jugez plutôt: Otis Redding, Bobby Womack, Al Green (et même Seal l’affreux balafré). Gotcha? Néanmoins, ne cherchez plus la version définitive. Durant cette bacchanale de guitares acid rock, d’échos spacieux, lézardée de hurlements à faire passer James Brown pour Etienne Daho, le gros Huey est en transe, prêche, menace, supplie (BROTHER, BROTHER, HELP ME PLEASE). Un speech impromptu interrompt le morceau avant que Huey n’achève ses cordes vocales (et nos tympans par la même occasion) avec un dernier cri encore plus déchirant. Pfouuu… De ce dernier morceau, on en sort lessivé . Et le plus insensé, c’est qu’il y a mieux (quand je vous disais que c’était un génie!). Hard times: ce morceau est une petite apocalypse. Une bombe écrite et produite par le grand Curtis Mayfield en personne. Qui dit mieux ? Nombres de productions hip-hop l’ont éhontément pillé. Mais n’est ce pas là le principe du sample: réquisitionner le talent des autres à défaut d’en avoir soi-même ?

Vianney G.

Catégories : Découvertes

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