Yoyaku Record : label aux multiples facettes

En à peine 2 ans d’existence et près de 50 disques, le label parisien aux multiples facettes impressionne par sa productivité et la qualité de ses sorties.

Yoyaku Logo

C’était fin 2015, Noël avant l’heure, un innocent visage aux yeux barrés sur un fond rosé. La sortie a tout de suite marqué les esprits. Qui donc a signé ce mystérieux ‘Hostom 001’ joué tout l’été par Villalobos, Raresh, S.A.M. ou encore Lazare Hoche ? De par le style et la maitrise des deux morceaux de l’EP, chacun d’eux faisait un candidat idéal. Pour brouiller les pistes, la soirée de lancement tenue à Paris en septembre 2015 alignait des artistes de chez Perlon, Lazare Hoche Records, Smallville et d’un certain Yoyaku. Et si la réponse se trouvait chez ce dernier, chez ce label encore inconnu mais déjà supporté par les plus grands ?

Hostom 001 – B

Aujourd’hui encore, l’identité du producteur demeure incertaine mais tout porte à penser que celui qui se cache derrière ce visage enfantin n’est autre que Varhat, producteur, ingénieur son et acteur majeur de l’enseigne. La première sortie Hostom marque l’entrée du label dans la course, et celui-ci a plus d’un atout à faire valoir. L’institution Yoyaku chapeaute près d’une dizaine de sous labels ayant chacun une identité propre mais rattachés par un souci du détail et l’amour de la house sous toutes ses coutures.

Hostom 01

Si Hostom et YYY entretiennent le mystère avec des releases non créditées, Aku met en avant les nouveaux talents de la scène française en ayant signé le brillant et prolifique Janeret, avec ses longues plages rêveuses parfaitement accompagnées de basses et drums redoutables, Varhat, encore lui, Clébert, et plus récemment Molly, résidente du Rex.

Janeret Aku

YoY offre un terrain d’expérimentation pour des productions plus rudes et breakées signées par Varhat, toujours là, mais aussi Oshana, entendue récemment chez Partisan, Brouqade et Rue de Plaisance.

Tartouffe est le penchant théâtral de Yoyaku, mis en scène par un certain Volière qui a réalisé les premières sorties avec des productions au groove implacable et des sonorités très sèches.

Volière – Lysandre, Acte I, Scène 2 (Tartouffe 03)

Plus discret, Joule Imprint, prouve que la maison prête autant d’attention au son qu’à l’image avec deux sorties de Janeret et Roger Gerressen au design très stylisé.

Janeret – Rear (Joule 001)

Enfin, le label défend la scène house japonaise avec une série de sorties au son analogique si distinct signées par Niwa Tatsui, Uchitoshi ou encore Kito Kusunoki.

Niwa Tastui – Green A

Yoyaku ne s’arrête pas là et cumule les fonctions en ayant aujourd’hui ouvert un disquaire dans le 20ème à Paris, un studio de mastering et en se chargeant de la distribution de nombreux labels tels que Gettraum, Howl, Manitou mais aussi Partisan.

En oscillant entre la micro, la deep, des sonorités dub et quelques touches techno, l’institution met la house à l’honneur et ne semble avoir qu’un but : prouver que l’on peut expérimenter, découvrir, innover et offrir des productions complexes sans pour autant délaisser les clubs. Force est de constater qu’avec ses multiples identités Yoyaku remplit sa mission haut la main.

 

C.V.

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