Interview: The Animen

Groupe de rock explosif, La Nordisque a discuté avec The Animen, avant leur show pour la soirée d’ouverture du festival Le Père-Noël Est-il Un Rocker ? le 22 Novembre dernier.

On a parlé de musique, zazous et cirés jaunes avec la bande de copains :

Nordisque: Connaissiez-vous Le Père- Noël est-il un rocker avant de vous y produire ?

The Animen: Alors en fait nous ne le connaissions pas du tout avant. On nous a expliqué le concept des cadeaux redistribués aux enfants avant de venir à Lille, lorsque nous nous sommes produits en Vendée.
– En Suisse, on m’en avait parlé.
N: Il y en a plusieurs. Par exemple à Dour, ils en organisent un, mais qui n’est pas relié à celui de Lille.
– On ne savait pas qu’il y avait cet état d’esprit d’amener des jouets à la place d’un billet d’entrée.

N: Vous auriez proposé quoi comme jouet pour les enfants ?

TA: – Ça dépend ils aiment quoi les petits ces temps-ci ?
– On est allé au marché de Noël à Lille, et on est tombé sur des petites voitures, on adore ça.
– D’ailleurs c’est cool Lille, on a bien aimé la Pirogue –rires-

N: Vous avez pris un Zazou ?

TA :– Non tout le monde nous a dit ça, mais on était bien déjà, je pense que le Zazou aurait peut-être été de trop.

N: Vous êtes chauds pour ce soir ?

TA: Très motivés, en plus il y a de très grands fans de General Elektriks parmi nous, on est réjoui. Malheureusement là on ne peut pas aller voir Big Junior, mais pour avoir passé 45 minutes de soundchecks ça avait l’air de bien envoyer.

N: Comment vous êtes-vous rencontrés : lorsque vous étiez jeunes, au lycée ?

TA: – Robin et moi oui. On est tous de Genève, Carouge , on tient à le mentionner
Globalement on s’est connus sur les bancs de l’école, Jul’ on l’a rencontré dans un bar
Et on a accroché musicalement
King louis est arrivé plus tard, ça fait deux ans maintenant. Mais c’est comme si tu étais là depuis toujours – rires-
Ce qui est très décevant, c’est qu’on ne l’ait pas rencontré avant
– On a du boire un nombre incalculable de bières dos-à-dos –rires-

N: J’ai regardé pas mal de vidéo live de vous, vous sembler vraiment à l’aise sur scène, qu’est ce qui vous donne cette assurance ?

TA: Je crois que c’est juste l’envie de bien faire, après il y a toujours énormément de trac, même dans les bars où il y a une vingtaine de personnes.
Notre musique est surtout festive et on aime partager, on ne regarde pas nos pieds. On a fait des clips pour rencontrer des gens et on veut partager.

N: Quelles ont été vos influences sur scène ?

TA: Jessie Chaton : Il a quand même des moves diaboliques.
Nous n’avons pas de modèle de scénographie particulière, mais un concert transcendant est Charles Bradley, avec un monstrueux orchestre, sans filtre.

N: Dans votre dernier album « Are we there yet ? », en collaboration avec Andrija Tokic, tous vos morceaux sonnent assez 60’, c’était une envie particulière ou est-ce venu naturellement ?

TA: C’est lié à la musique que l’on écoute, on adore la soul et le rock 60’, c’est le délire du fameux sans filtre qui nous intéressait, le côté pur, sans maquillage. On effectue du travail en analogique, et ce travail est complètement live. Si quelqu’un se plante lors d’une prise, tout le groupe recommence. C’est aussi une tension à garder qui nous intéresse. Honnêtement, ce sont des fréquences et des spectres qui donnent ce côté chaleureux et rond. Ce côté aurait été plus difficile à conserver si on avait travaillé numériquement.
On voulait vraiment travailler de manière simple, on a travaillé « sans filet » : on écoute la musique néanmoins jusqu’en 2016.

N: Justement je voulais dire que votre musique est très moderne, avec des sonorités 60’

TA: Complètement !

N: Cet album que vous avez produit, c’est la confirmation de ce que vous aviez réalisé avant ?

TA: C’est davantage une prolongation, c’est un disque un peu plus intimiste. Le premier, on entrait pour la première fois dans un studio, il y a avait ce côté inexpérimenté, il fallait qu’on joue le jeu.
Le dernier c’est la rencontre avec Andrija Tokic, producteur d’Alabama Shake, c’est Nashville, ce n’est pas la même ambiance, il y a un monde magique, à la fois envoûté et envoûtant ; c’était incroyable de jouer avec lui !
On a essayé de ne pas reproduire les mêmes morceaux sur le premier et sur le second, on s’est mis en danger sur des choses plus fragiles tout s’est fait très naturellement. Et le troisième sera encore différent.

N: Vous avez déjà commencé à travailler dessus ?

TA: Oui oui oui oui, on est en perpétuelle écriture et il y a des choses qui restent.

N: Et justement je voulais vous demander si vous aviez un processus de création ? Si oui quel est-il ?

TA: Je dirai que ce sont le temps et les rencontres. Les idées sont là, les choses aussi, mais pour vraiment les matérialiser, qu’elles prennent de la grandeur et surtout de la consistance, cela demande du temps. Et les rencontres, avoir la foi, avoir quelque chose à raconter mais surtout avoir l’envie de raconter ! et puis de jouer..

L’envie d’avoir envie –rires-

N: J’ai lu des articles sur vous et on dit souvent que l’on vous annonce un futur radieux, comment vous vous projetez ?

TA: – Tu viens nous annoncer l’inverse, c’est ça ? -rires-
– Je pense qu’on a assez les pieds sur terre, dans le sens où l’on ne se projette pas trop loin non plus, le but c’est de faire les choses bien, les unes après les autres. On a des marges. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
– Après on est conscient que ça prend du temps, et que malheureusement la chance est un facteur important. Pour nous, c’est une histoire d’avoir la foi. Et on l’aura le temps qu’on l’aura. Typiquement, General Elektriks, ce sont des mecs qui jouent juste prodigieusement bien, et je trouve qu’ils sont encore mal considérés. J’étais tétanisé d’apprendre que ce n’étaient pas des stars absolues. Alors que RV – Hervé Salters- a des projets à LA personnels !
Nous on ne va pas commencer à bouffer à tous les râteliers, juste pour commencer à grimper, ou juste la surdose médiatique. On aime faire les choses comme on les sens, parfois on les fait maladroitement, mais on est maladroit donc ça nous ne dérange pas.

N: Est ce que vous avez déjà une autre date de prévue ?

TA: Une à Clermont-Ferrand en Janvier et en Février deux avec Last Train – mais on ne peut pas vous en dire plus ! –
Tournée : 2017 France préparez vous on va tourner !

N: Ça vous évoque quoi un ciré jaune ?

TA: Si on vous répond, vous n’allez pas comprendre, mais pour nous c’est le facteur hyacinthe.
Le facteur hyacinthe, c’est un mec qui avait un ciré jaune. C’est une chaussette pour les petits. Mais on trouve ça chouette.

Post Your Thoughts